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 Illusion (Ch10/...) Yaoi

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yaniti
THE JeDaï Du YaOi
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MessageSujet: Illusion (Ch10/...) Yaoi   Lun 9 Fév - 13:41

Illusion


Chapitre 1 :

Il n'entendait qu'à peine la voix qui lui arrivait de derrière cette porte. Son esprit parti trop loin dans les abimes du plaisir l'empêchait de voir clairement ce qui se trouvait autour de lui, ses pensées trop embrumées pour se rappeler où il se trouvait. Il planait juste. Si bien et si haut que les coups martelant cette foutue porte ne le faisaient que légèrement sourire. L'agacement se faisait entendre bien plus fort que la compassion ou encore l'amitié...

L'amitié ? Il pourrait jurer qu'elle n'existait plus depuis longtemps. Gus qui s'acharnait, tambourinant son pied violemment contre le bas de la porte, avait perdu ce statut le jour où il lui avait offert ce cadeau empoisonné. Ils se connaissaient depuis gosses, avaient passé leurs années d'école ensemble, faisant les pires conneries possibles, et c'est naturellement ensemble qu'ils gravirent les marches, une à une, les emmenant toujours plus haut... Les écrasant toujours plus bas.

Doucement, lentement, son esprit refaisait surface. Ses yeux étaient fuyants, cherchant un point d'attache. Sa bouche sèche et ce goût horrible de sang, il avait dû se mordre, encore. Ca lui faisait toujours ça quand il décollait trop rapidement. L'aiguille encore plantée dans son bras lui faisait mal, le garrot lui engourdissait jusqu'à la pointe des doigts et c'est difficilement qu'il se débarrassa de tout ça. Il rangea soigneusement son attirail dans cette petite boite qui ne le quittait jamais et se releva, aussi facilement qu'un petit vieux qui aurait dévalé un escalier.

Il se sentait brisé et tellement bien à la fois, mais pour combien de temps ? Il savait pertinemment que les effets de son shoot se dissiperaient bien trop tôt et déjà il ne pensait plus qu'au prochain, à l'argent qu'il allait lui falloir gagner pour se le procurer.

Il ouvrit lentement la porte de la salle de bain et déjà Gustav lui hurlait dessus, s'indignant de le voir dans cet état si tôt dans la matinée. Il ne comprenait pas comment Tom ne parvenait pas à se maîtriser, comment il se laissait contrôler par tout ça. Bien sur lui aussi se droguait, régulièrement, presque journalièrement, mais jamais le matin, jamais pendant la journée, jamais avant les cours ou le boulot, toujours et uniquement lorsque le soir venait et qu'il pouvait être tranquille chez lui. Alors il l'abrutissait de remarques et réflexions en tout genre, mais Tom n'était pas encore en état de les entendre et encore moins de les comprendre. De toutes façons, il ne savait que trop bien, ne réalisait que trop bien tout ça. Il était mal, presque foutu et que pouvait-il bien y changer ?

Sans même chercher à l'écouter, il prit sa veste et sortit de ce petit appartement vide depuis longtemps maintenant. Tout ce qui avait pu être vendu l'avait été et à presque 22 ans, Tom n'avait plus rien, n'espérait plus rien non plus. Ses parents le considéraient déjà comme mort, de toute façon, cela ne tarderait sûrement plus à arriver. La seule chose que Tom avait gardé au fil des années était sa fierté. Sa fierté de ne rien demander aux autres, à ses parents ou ses amis qui maintenant se comptaient sur les doigts d'une main. Il gagnait son argent comme il le pouvait, mais jamais n'empruntait quoi que ce soit. Qui aurait pu, en étant honnête, lui prêter de telles sommes d'argent ? Personne.

Cette drogue le rongeait depuis de longues années. Son corps n'avait plus rien à voir avec ce qu'il était le jours où il avait fêté ses 18 ans avec tous ses amis et sa famille. C'était encore la bonne époque tout ça. Il fumait, buvait et de temps en temps, histoire de finir les soirées en beauté, il s'en mettait un peu dans le nez, mais maintenant...

Dans les bons jours, quand son ciel était bleu, il lui fallait au minimum une dose, mais dans les mauvais il n'en comptait même plus le nombre. Dans les bons jours il allait à la fac, des fois, mais dans les mauvais il cherchait de l'argent. Dans les bons jours il lui arrivait de sourire, mais dans les mauvais sa seule pensée était un fixe. Dans les bons jours il pouvait rester à parler avec Gus et d'autres connaissances, mais dans les mauvais il gisait dans une pièce froide et sale, dans un endroit glauque et sinistre, sur un sol répugnant.

La drogue s'insinuait partout en lui et transpirait par chacun de ses pores. Combien de fois avait-il penser à prendre son dernier shoot ? Il ne s'en rappelait même plus. Qu'est-ce qui le retenait ? Il ne le savait même pas. Sa vie n'était plus que mensonges et désillusions.

_ « Putain faut vraiment que t'arrêtes mec. Ça va finir par te tuer avant l'heure. Tu tiens même plus debout, regarde toi. »
_ « A qui la faute ? » Lâcha Tom.

Son ton avait été plus dur que prévu, ou peut-être pas finalement. Gustav n'avait même pas baissé la tête. Il en avait l'habitude maintenant. Il savait que Tom ne lui en voulait pas, ils avaient commencé ensemble, l'avaient voulu ensemble et l'assumaient ensemble. Tom résistait juste moins bien, s'engouffrait juste plus vite, se tuait juste trop rapidement à ce jeu là.

Ils le savaient, jamais ils n'auraient dû commencer, c'était une évidence, juste un brin de bon sens, mais le piquant de la vie leur était revenu avec ça et les brûlait maintenant à petit feu. Leurs enfances avaient été merdiques, ils avaient voulu s'évader un peu, s'amuser beaucoup et évacuer tout le reste, mais finalement qu'avaient-ils gagné à tout ça ?

Gustav s'en sortait encore à peu près entre la fac et son boulot qui lui suffisait à payer sa drogue, qu'il se contentait les trois quart du temps de sniffer contrairement à son ami. La seule question qu'il se posait encore était comment Tom arrivait à s'en procurer, mais cette question restait toujours en suspens.

Il n'avait plus rien dans son appart et Gus ne doutait pas qu'il ne mangeait pas tous les jours. Un matelas trônait à même le sol dans ce qui était auparavant sa chambre, la cuisine était dévastée, ne restait qu'une misérable table et ses bancs et un seul et unique meuble ou attendait dessus un four micro-ondes d'être vendu. L'évier n'avait pas dû être lavé depuis un certain temps, de toute façon il ne s'en servait plus, même pas sur qu'il y ai encore de l'eau... Si bien sûr puisque Tom se lavait dans la salle de bain, seule pièce encore à peu près en état potable. Son corps était maigre et abimé, blessé, brisé. Sa visage fermé et triste, ses yeux cernés, ses dreads encore belles pour la seule raison que c'était Gus qui les lui entretenait. Malgré tout il restait beau, tristement beau et désirable. C'est ce que continuait de penser son ami.

Ils avaient eu une relation, ou aventure plutôt, juste pour essayer, découvrir, connaître un nouveau truc. Ils avaient alors 17 ans, ils se cherchaient encore à l'époque. Ils s'aimaient d'une certaine façon, mais ne s'aimaient pas de cette façon alors cela n'avait pas duré. Ils avaient rompu... Ou pas, avaient-ils réellement eu besoin de le faire ? Ils n'avaient jamais était ensemble finalement et c'est naturellement qu'ils redevinrent de simples amis. Ils en riaient encore parfois et s'amusaient à semer le doute autour d'eux, ils aimaient cette ambiguïté.

Gustav depuis n'avait plus fréquenté aucun garçon, il se savait maintenant hétéro pure souche, mais Tom était son exception. Le dreadé quant à lui... Était ce que les autres voulaient, faisait ce que les autres désiraient, du moment que cela pouvait éventuellement lui payer une dose tout lui convenait. Il vendait son corps au plus offrant. Un corps qui de toute façon ne lui obéissant plus, qui ne lui laissait aucun répit, aucune liberté, aucun semblant de vie.

Tom était assis dans la cuisine, une tasse de café devant lui et Gus qui le regardait avec insistance. Il avait horreur de ces moments là, il savait très bien ce qui allait suivre et rien que de l'imaginer il en avait déjà la migraine, ou peut-être était-ce le résultat de son fix.

_ « Tom ça peut pas continuer. Tu n'as plus rien, cet appart appartient à tes parents et il n'y a plus rien dedans, tu as tout vendu. Je me demande encore comment tu as fais pour garder ta moto d'ailleurs... »
_ « Question de survie... » Répondit le blond.
_ « Quoi ? Comment ça ? »

Gustav demandait, mais il savait déjà que la conversation était finie. Il bougea son ami comme il put et le traîna jusqu'à la fac. Il restait persuadé que de garder une vie 'normale' l'aiderait à ne pas s'enfoncer d'avantage, mais Tom resta la première heure affalé sur sa table, la tête posée sur ses bras croisés, il n'avait même pas cherché à lutter, il planait encore... Mais pour combien de temps ? Il avait à peine vu passer la matinée et à la pause déjeuner Gus avait essayer de le faire manger, mais rien n'avait franchi ses lèvres jusqu'au moment ou il lâcha un « j'y vais, on se revoit plus tard... » et puis plus rien. Tom excellait dans la fuite. Fuir et s'éclipser, il maîtrisait à merveille. Un long entrainement l'y avait aidé. Fuir les flics, fuir les dealers auxquels il devait de l'argent, fuir tout le temps et tout le monde. Même Gus parfois ne parvenait à le trouver, dans ces moments où Tom ne voulait plus qu'une chose, être seul et oublier, être seul et peut-être en finir avec tout ça.

Essayer d'arrêter ? Bien sur qu'il a déjà essayé, ses parents l'avaient même envoyé en cure, c'était bien la seule chose qu'ils savaient faire, dépenser leur argent, mais quelques mois plus tard il avait replongé, plus profond, plus vite et plus durement encore. Comment arrêter réellement en voyant son meilleur ami se shooter à côté de lui ? Comment arrêter en crevant d'envie de recommencer et de tout oublier encore ? Mais oublier quoi ?

Le soir, Gustav se rendit chez son ami, comme à chaque fin de cours, avant d'aller à son boulot, mais l'appart était vide. C'était rare qu'à cette heure-ci Tom ne soit pas là et le jeune homme ne put s'empêcher de paniquer un peu en rebroussant chemin. Il bossait dans un petit bar de la ville et finissait souvent tard pour faire la fermeture. Il était barman et sa seule dose de la journée l'attendait patiemment chez lui. Il était comme ça et en voulait à Tom d'une certaine manière de ne pas arriver à gérer de la même façon, mais quoi qu'il se dise, à chaque fois, il en venait forcément à la même conclusion, qu'une merde effroyable le bouffait et tuait son ami et qu'en grande partie, c'était sa faute.

A deux heures il finit enfin par sortir et son esprit ne pensait qu'à Tom, tandis que son corps le poussait à rentrer chez lui pour se shooter. Il voulait lutter de toutes ses forces et se fut les poings serrés qu'il se dirigea vers l'appartement délabré. Il devait le voir pour se rassurer, il en avait besoin autant que sa dose. Il devait vérifier que tout allait bien pour pouvoir planer correctement, il le savait.

Il marchait vite, les doigts crispés dans ses poches et le visage enfouit dans son écharpe, ses dents claquaient de froid et d'envie, le manque commençant à s'insinuer en lui, mais surtout et plus que tout, il avait cette foutue mauvaise impression, ce sentiment qui ne le lâchait pas, ce mauvais pressentiment qui lui tiraillait les entrailles un peu plus fort à chaque pas qu'il faisait. Il avait peur... Sans même s'en rendre compte il avait commencé à courir dans les rues, se précipitant dans le hall de cet immeuble qu'il connaissait par cœur, escaladant les marches quatre à quatre et frappant, non plus énergiquement, mais désespérément contre cette porte qui le narguait. Il priait rageusement au fond de lui, espérant se tromper. Il aurait voulu hurler à Tom de lui ouvrir, mais il était trois heures du mat' et les voisins auraient sûrement apprécié le geste à n'en pas douter.


Dernière édition par yaniti le Dim 5 Avr - 10:34, édité 6 fois
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yaniti
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MessageSujet: Re: Illusion (Ch10/...) Yaoi   Lun 9 Fév - 13:43

Il s'acharnait, tambourinait compulsivement et était près à explosé cette saloperie de porte. Il n'avait pas les clefs. Pourquoi, bon dieu, aujourd'hui ne les avait-il pas prise ? Il se maudissait, il était fou de rage contre lui et contre Tom. Il tapait si durement qu'il s'en faisait mal, s'excitait tant et si bien que finalement la voisine jeta un œil paniqué dans le couloir. Gus devait faire peur à voir à s'affoler de la sorte. Un dément ne lui aurait pas parut plus effrayant. Il craqua et se mit à hurler pour de bon, injuriant son ami, le menaçant de tout et de rien à la fois pour qu'il vienne lui ouvrir. Les larmes qui dévalaient ses joues, voilaient sa vue et son esprit ne discernait plus grand chose, trop broyé par la peur.

Il se calma, arrêta tous ses gestes en regardant la femme qui se tenait à côté de lui. Elle le connaissait bien et savait que Tom passait de mauvais moments pour d'obscures raisons. Elle s'inquiétait pour son voisin, pour son ami. Elle sursauta lorsque le bruit sourd du corps de Gustav vint s'écraser contre la porte et plaça ses mains devant sa bouche pour ne pas crier. Au deuxième à-coups, la porte céda et le jeune homme s'engouffra comme un fou dans l'appartement, cherchant des yeux son ami, son presque frère. D'un regard rapide il fit le tour de l'entrée, du salon et de la cuisine, il fonça dans la chambre, mais la encore l'endroit était vide. Il se précipita dans la salle de bain et sa main s'arrêta avant de toucher la poignée. Il ferma les yeux et se ressaisit, éloignant les pensées qui l'assaillaient et le terrorisaient.


Ses doigts tremblaient sur le métal froid et malgré l'hésitation et le doute, la peur et l'angoisse, il ouvrit la porte, sentant dans son dos le regard de la jeune femme. Il n'était pas seul et pourtant il se sentait tellement abandonné à cet instant. Son regard vacillait, n'osant affronter la réalité, espérant ne rien voir. Son corps entier refusait d'accepter se que ses yeux découvrait... Le corps inerte du blond. Son cœur loupa plusieurs battements et une violente nausée le prit à la gorge, tout son corps l'abandonnait, lui faisait défaut. Il s'avança le plus lentement possible, pour reculer l'échéance, mais il fut pousser par Cynthia, la voisine, elle s'agenouillait déjà à côté de Tom et approchait son visage de la tête du dreadé. Gus, lui, restait tétanisé par la vue de son ami étendu là.

_ « Il respire, appelle un ambulance vite... » Lâcha Cynthia.
_ « Non... Je... Il voulait pas... » Gustav était perdu mais se rappelait d'une chose de façon très claire... Ce que lui avait fait promettre son ami.
_ « Tu préfères le voir mourir ici ? »

Elle avait hurlé, plus fort que son corps frêle ne pouvait certainement lui permettre et Gus était mitigé, mais non, bien sûr qu'il ne voulait pas le voir mourir, mais sa promesse... Son esprit était sûrement incapable de fonctionner correctement et il baissa la tête et frotta son front contre sa main, les yeux crispés, se mordant la lèvre.

_ « Bouges toi, ton pote est en train de crever sous tes yeux là »

Elle pleurait également, de peur, peur de voir quelqu'un mourir entre ses mains, elle paniquait, tremblait, mais gardait un semblant de lucidité. Jusque là elle n'avait pas su de quoi Tom souffrait, mais là le doute n'était plus possible, la seringue encore plantée dans son bras et ses pupilles contractées, son corps convulsant, son souffle quasi inexistant... Il était en pleine overdose. Gus sortit son téléphone de sa poche et se mit à taper les numéros, s'y reprenant à plusieurs reprises, ses doigts ne lui laissant plus le contrôle et tremblant de manière violente l'empêchant d'aller plus vite.

L'ambulance... Les sirènes... Son corps ballotté... Les bruits. Tout était flou, il voyait comme dans un rêve, tout ce passait, mais il n'était pas là, ce n'était pas lui jusqu'à cette violente douleur, cette aiguille dans son cœur pour le faire repartir normalement, cet air qui rentre trop vite dans ses poumons lui brûlant tout à l'intérieur et les battement reprenant trop forts, douloureusement. Ses yeux bougeaient frénétiquement, cherchant quelque chose de connu, de rassurant. Son angoisse était trop grande, ses gestes entravés par des sangles et par pitié, mais que quelqu'un l'aide ou qu'on le laisse tranquille pour de bon.

Peu à peu, il commençait à se calmer, regardant vaguement les gens marcher à côté de lui et tout lui paru tellement absurde. Pourquoi était-il encore là ? Ce fut seulement lorsque ses yeux croisèrent ceux de son ami qu'il comprit, qu'il réalisa que celui-ci venait de briser leur promesse, mais il n'arrivait même pas à lui en vouloir. Il sentait ses lèvres s'étirer légèrement pour lui sourire, mais déjà ses yeux se refermèrent. Il avait mal partout et la fatigue lui paralysait le corps. Il ne luttait plus.

Il n'avait pas cherché pas à en finir, mais l'idée avait été tellement tentante... Peut-être avait-il trop chargé cette fois.

Il se réveilla plusieurs heures après, enfin sûrement. La nuit était tombée et le calme était presque flippant dans cette chambre d'hôpital et la seule chose concrète à laquelle il pensait était de se barrer d'ici et au plus vite. Il faisait pas bon pour lui de rester là, les flics lui tomberaient dessus le lendemain sans aucun doute.

Il s'assit dans son lit et la tête lui tourna violemment, accompagné d'un haut le cœur désagréable. Il serra les dent à s'en faire mal à la mâchoire et respira profondément pour faire passer la mauvaise sensation qui se propageait dans tout son corps. Il se sentait plus que mal et son corps le rappelait à l'ordre de façon méprisable, mais comme d'habitude, il ne l'écoutait plus. Il posa un pied par terre et il crut bien vomir le peu que contenait son estomac, mais passa outre et il tenta de se tenir debout. Il se rassurait en se disant qu'il avait tout son temps finalement. Il devait s'habiller et arriver à marcher presque normalement s'il voulait pouvoir sortir d'ici.

Sans exagérer il dû bien mettre une heure à enfiler tous ses vêtements et il prit un pause bien méritée après. Il haletait et son cœur tambourinait dans sa poitrine tellement l'effort fournit avait été intense. Il se répugnait, plus rien ne tournait rond chez lui et déjà son esprit se focalisait sur son but, son besoin vital, son envie incontrôlable. Un shoot et vite, il devait encore sortir de là, trouver de l'argent et aller voir son dealer... Alors qu'il tenait à peine debout.

Il se leva difficilement et avança aussi bien qu'il pu jusqu'à la porte de cette chambre austère. Il n'écoutait pas son corps, ne sachant que trop bien reconnaître les symptômes du manque qui commençaient déjà à l'engloutir. Il ne pensait pas à cette nausée qui lui brûlait tout l'œsophage et la douleur dans sa poitrine. Il n'était sûrement pas conseillé pour lui de marcher après ce qu'il venait de vivre, mais cette douleur lui prouvait qu'il était encore là et que malgré tout il vivait encore. Il marchait difficilement dans le couloir sombre, éclairé par de faible néons et se tenait fermement sur les mains courantes, ses jambes ne le supportant qu'à peine, mais pour tout dire, il n'avait même pas la force de se plaindre. Sa tête tournait de plus en plus et il dû s'arrêter un instant pour laisser passer la douleur.

Il ne comprit rien, ses yeux étaient resté fixés au sol, ne quittant pas ses pieds qui avançaient de plus en plus lentement. Il jurait intérieurement contre ce corps si malade et faible. Le coup n'avait pas été violent, mais il ne put se tenir sur ses jambes plus longtemps. C'était fini, il venait de rentrer dans quelqu'un et la fuite n'était dorénavant plus possible pour lui. Il essaya de regarder la personne, mais ses paupières se fermaient inexorablement pendant que ses yeux roulaient dans lors orbites. Il n'en pouvait plus, il avait été fou de croire pouvoir partir, il n'avait plus aucune force et puis plus rien, le trou noir.

Combien de temps il mit à se réveiller ? Il n'en avait aucune idée, mais il était dans son lit, en pyjama et ses habits étaient pliés sur la chaise à côté de lui. Ses yeux se posèrent dehors, la nuit avait encore toute sa place et il se sentit soulagé. Un petit, minuscule, sourire en coin s'installa sur sa bouche, mais il sursauta en entendant une voix lui parler, se retournant rapidement pour voir la personne présente dans sa chambre.

_ « Alors ça à l'air d'aller mieux ? »

Tom avait eu l'air totalement paniqué et c'était compréhensible lorsqu'on connaissait le motif de sa venue ici. La police allait venir et l'interroger, chercherait à connaître le nom de ses dealers et tout ce qui va avec

_ « Je m'appelle Bill, je suis interne ici pas la peine d'avoir peur. Je te ferais rien, tu as l'air de t'en sortir très bien tout seul pour te faire du mal, parce que essayer de te faire la belle en pleine nuit vue ton état, c'était... Complètement débile excuse-moi. »

Tom le fixait avec insistance et malgré son malaise il ne pouvait s'empêcher de... Le mater ouvertement. Ce mec, bon OK, s'il lui avait pas dit son nom il l'aurait peut-être pas deviné tout de suite, là comme ça avec les yeux pas encore vraiment en face des trous. Enfin bref, ce mec était totalement différent de ce qu'il avait l'habitude de voir et pourtant il en voyait des trucs bizarres. Ce Bill, était grand et fin, un corps sec et longiligne, des proportions parfaites pour ce qu'il en voyait mais sa tête... Un mec maquillé et aux cheveux longs, ça c'était space.

_ « Tu te piques depuis combien de temps ? »

Tom avait les yeux écarquillés au maximum et déglutit difficilement. Bien sur qu'il se doutait qu'ils savaient, mais en parler comme ça...

_ « J'ai le droit de partir ? » Fut ça seule réponse.
_ « Pas maintenant non, demain matin, là tu n'es de toute façon pas en état, crois-moi, vaut mieux pour toi que tu te reposes cette nuit. » Bill pouvait parfaitement comprendre ce qui traversait les pensées du dreadeux et il continua avant que l'autre n'ait pu protester. « Les substituts qu'ils t'ont filé feront effets jusqu'à demain après-midi, tu devrais vraiment en profiter pour te reposer, tu as une sale tronche. »

Il ne le connaissait ni d'Eve ni d'Adam et ce type lui parlait comme s'ils avaient gardé les cochons ensemble, mais bizarrement il s'en moquait, c'était pas ça, c'était ce sentiment de confiance que lui inspirait ce mec qui le troublait. Il avait pourtant appris à se méfier de tout et tout le monde depuis le temps.

_ « Non, je... Je dois partir maintenant, vraiment. » Il se sentait en danger, pour quelle raison, il l'ignorait, mais il savait qu'il devait partir au plus vite... Et pas à cause des flics cette fois-ci.
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MessageSujet: Re: Illusion (Ch10/...) Yaoi   Lun 9 Fév - 13:44

Chapitre 2 :

Il essayait désespérément de se relever et devinait aisément le sourire sur le visage du brun... Et il détestait ça, se sentir impuissant et faible. Il tremblait, mais cette fois de rage, son corps le lâchait un peu plus à chaque instant et il détestait ça, se sentir minable devant quelqu'un. Il aurait pu en pleurer de colère...

_ « Tu essaies de faire quoi là ? » Demanda Bill. « Parce que là tu fais un peu pitié quand même. Je sais pas si t'es au courant, mais tu étais presque mort en arrivant ici, ton cœur t'avait lâché pour ainsi dire. Tu crois franchement pas que tu vas pouvoir gambader comme ça tout de suite ? Si ? Parce que putain ça voudrait dire que ton cerveau est gravement atteint alors. »

Bill pouvait voir la mâchoire se crisper de Tom et son regard haineux planté dans le sol. Toutefois, il n'avait pas peur, ce jeune homme n'aurait pas pu faire de mal à une mouche à ce moment là et c'était justement ça qui énervait le plus le blond, c'est que tout ce que disait Bill était vrai. Bien sûr l'interne allait trop loin et il le savait aussi, mais c'était plus fort que lui, voir quelqu'un se tuer comme ça, se détruire à petit feu avec une telle merde, ça le bouffait et il ne pouvait pas rester de marbre, même si ne pas s'en mêler aurait sans aucun doute été la meilleure solution pour lui.

_ « Aller c'est bon rallonges toi maintenant. Si tu insistes encore demain matin, je te déposerais moi même sur le parking de cet hôpital et tu pourras aller te défoncer en toute liberté. Pour le moment dors. »

Tom avait sursauté et son visage était on ne peut plus en colère, ou peut-être triste aussi. Bill pouvait être tellement méprisable et parler de façon tellement crue et en même temps c'était tellement vrai. Il se rallongea en tournant directement le dos au brun qu'il détestait déjà au plus haut point, ou alors il se voilait juste la face pour ne pas dire que c'était lui qu'il détestait le plus sur cette terre...

La nuit fut l'une de ses plus calmes, l'une des rares où il pouvait dormir plusieurs heures sans se réveiller une seule fois. La lumière filtrait entre les volets légèrement entrouverts, mais son corps le remis directement à sa place, le lançant de toute part, le tiraillant, lui rappelant l'endroit, le comment, le pourquoi. Il ouvrit les yeux péniblement, les frottants vigoureusement pour retrouver tous ses esprits.

Une habitude, un malaise ou je ne sais quoi d'autre encore, mais son corps se recroquevilla sur lui même, ramenant ses genoux jusque sous son menton, les bras entourant et serrant fort ses jambes. Il se sentait bien et tellement mal à la fois. Son corps était endolori, il ne ressentait pas encore le manque, mais son esprit, lui, ne lui laissait aucun répit. Il devait trouver de l'argent et vite avant que le manque ne l'empêche même de bouger.

Il aurait pu saisir cette chance de s'en sortir, mais il n'était pas conditionné pour ça. Sa plus grande peur n'était pas de mourir d'une overdose, mais de ne pas trouver sa dose. Il ne craignait pas de ne pas s'en sortir car il était déjà foutu. Il avait fait tellement, subit trop, vécu mal pour finalement mourir jeune ? Oui, sûrement. Cela devait être son karma, son destin. Une vie de merde, une fin de merde. Normal non ?

Il se leva difficilement, mais certes mieux qu'il y avait quelques heures, et il ouvrit les volets roulants. Le soleil levant lui éblouit la vue l'espace d'un instant, mais le spectacle ne le laissait pas de marbre. La vue était splendide et le rouge du ciel l'hypnotisait. Il était là, en chemise d'hôpital, debout devant cette fenêtre qu'il n'arrivait pas à lâcher. Sa main se crispait sur cette vitre et son front cogna lourdement sur son poing serré. Peut-être aurait-il préféré mourir finalement...

Il sentait les larmes envahir ses yeux fermés et il avait horreur de ça. Il sentait qu'il allait craquer s'il ne partait pas d'ici très vite. Alors, prit d'une violente pulsion, il enfila ses habits aussi vite qu'il le pouvait et sortit en trombe de sa chambre. Il heurta une infirmière qui se retrouva les fesses par terre, criant légèrement, mais sans plus. Le personnel médical connaissait son dossier, les toxicos étaient prit avec des pincettes à cause de leurs réactions parfois dangereuses, souvent imprévisibles.

Il aurait voulu courir, mais à défaut de le pouvoir il marchait aussi vite qu'il pouvait, grimaçant parfois de douleur. Il aurait voulu croire qu'il se trompait, mais c'était bien cette saleté d'interne qui marchait à côté de lui, les mains dans le dos et le visage souriant.

_ « Je vois que ça va mieux ce matin. Tu vois, j'avais raison. »

Pouvait-il l'étriper maintenant, là, sans attendre et partir comme si de rien était ? Tous les poils de son corps s'étaient hérissés à l'entente de cette voix. Elle était pourtant douce, mais débitait tellement d'âneries à la seconde... Bon ok, c'était pas des âneries, mais tout comme et cela énervait Tom... Car il avait encore une fois raison.

Il ne sait comment mais il se retrouva à marcher dehors avec ce type toujours collé à ses baskets. Il avait réussi à sortir de l'hôpital sans que personne ne lui demande rien et il n'en doutait pas, c'était la compagnie du brun qui l'y avait aidé. Celui-ci continuait de parler, un vrai moulin à parole. « Jamais il ne s'arrête ? » C'était ce que se demandait le dreadé à cet instant tout comme «  Et pourquoi il me suit d'abord ? Putain, mais il va jamais me lâcher ? » Ils arrivèrent devant chez Tom sans que celui-ci n'ai ouvert une seule fois la bouche, par contre, la porte qui se refermait sur le nez de Bill était une chose de très claire.

_ « Hey ! Tu pourrais au moins me payer un café !? » S'offusqua presque le brun au travers de la porte.
_ « Et pourquoi donc ? »
_ « Heu... Parce que je me suis occupé de toi ? » Tenta t-il comme réponse.
_ « Non. De toute façon je suis un junkie... J'ai plus de cafetière depuis longtemps. Casses-toi maintenant. »

Bill entendait le jeune homme s'activer dans son appartement, aller de pièce en pièce, mais il n'était vraisemblablement pas décidé à le faire rentrer. Soit, il n'était pas décidé à partir. Il n'osait s'imaginer dans quel genre d'endroit pouvait bien vivre Tom, à quoi pouvait bien ressembler l'intérieur, avec quoi il subsistait... Plus de cafetière, voulait sûrement dire, plus rien d'autre non plus.

Il s'était assit dans le couloir et réfléchissait à un tas de chose. Il ne comprenait pas trop lui-même pourquoi il collait ainsi le dreadé, mais c'était plus fort que lui, alors il ne se posa pas plus de question. Il sentait que c'était quelque chose qu'il devait faire, un point c'est tout. Il sursauta presque lorsque la porte se rouvrit et il se remit debout, espérant un court instant qu'il allait pouvoir entrer, mais non, Tom partait. La porte était déjà refermée à clef et Bill déglutit péniblement.

Le blond était à tombé. Il avait troqué son baggy contre un jean de taille pour le moins raisonnable, ses tee-shirts extra-larges contre un sweat noir et un blouson en cuir, ses dreads étaient attachées en une queue basse et il était tout simplement sublime. Bill se gifla mentalement et courut un peu pour le rattraper dans les escaliers. Ils se retrouvèrent bien vite devant une porte de garage et Bill fronça les sourcils en apercevant ce qu'il y avait dedans... Une moto, sublime moto au passage, tout comme le motard ne pu s'empêcher de penser Bill, noire, entièrement noire et mate. Un casque de la même couleur était posé sur la selle et Tom l'enfila rapidement, les gants, blouson fermé, moto sortie et déjà il grimpait dessus en mettant le contact. Le moteur avait un bruit doux et tellement puissant à la fois. Bill n'y connaissait strictement rien, mais il aurait pu jurer sur ses deux mains que c'était un vrai bolide ce truc.

_ « Tu déconnes là ? Tu vas pas rouler avec ce truc et te défoncer la gueule ? Tu veux mourir ou quoi ? » Lâcha le brun.

Il ne reçut en retour qu'un coup d'œil qui voulait malheureusement tout dire. Oui, Tom s'en moquait royalement de ça. Il s'installait confortablement sur l'engin et Bill ne pouvait simplement pas le laisser partir comme ça.

_ « Arrête, si tu veux crever ok, mais tu peux créer un accident et tuer des gens, des enfants... »

Déjà Tom n'écoutait plus, faisant hurler le moteur de la moto, tournant la poignée des gazs. Il le regardait, comme pour le narguer, mais Bill sentait qu'il ne s'agissait pas de ça. Le regard de Tom était trop triste pour ça. D'un coup de main rapide, Tom baissa la visière de son casque et déjà il était partit, faisant un vacarme ahurissant et laissant le jeune androgyne derrière lui. Bill frissonnait malgré lui, il avait peur pour Tom et il ne pouvait le contrôler. Son cœur s'emballait contre sa volonté et il s'injuriait de ressentir un truc comme ça pour quelqu'un qu'il ne connaissait même pas. Il ne pouvait mettre de mot dessus, mais c'était bien là... Malheureusement, il n'avait pas choisit la meilleure des personnes.

Il le regardait juste s'éloigner, n'apercevant déjà plus rien, n'entendant juste que le bruit de cette moto. Il roulait vite, à n'en pas douter, beaucoup trop vite. Il allait partir, ou peut-être aller squatter devant la porte de chez Tom finalement, quand il vit une silhouette familière. Il se rapprocha, se demandant qui de ses connaissances pourrait bien se trouver ici et bien vite il réalisa. Ce n'était pas une connaissance, pas du tout, mais c'était la personne qui avait emmené Tom à l'hôpital. Il ne s'en rendit pas compte tout de suite, mais il courrait déjà pour le rejoindre. Gus était comme lui, regardait encore dans la direction où avait disparu le dreadé, le regard vague et triste.

_ « Hey, hey attends s't'eu plait. » Interpella le brun au jeune homme qui commençait à partir.

Gustav se retourna en regardant un peu partout autour de lui, se demandant si c'était lui ou quelqu'un d'autre qu'on appelait, mais il était seul dans cette rue à part cette personne qui courrait vers lui. Il ne sut pas dire d'abord s'il s'agissait d'une fille ou d'un garçon. Plutôt non, il était sûr que c'était une fille, mais la démarche était loin d'être féminine.

_ « Je... Oui ? »
_ « Désolé de te déranger. » Commença Bill, le souffle un peu coupé par sa courte course « Tu connais Tom n'est-ce pas ? »

Gustav le regarda presque de travers, ne sachant à quoi s'attendre avec lui, car sa voix ne lui permettait plus de douter sur son identité sexuelle. Il s'inquiétait, peut-être un dealer à qui Tom devait du fric ? Un toxico en manque à qui Tom aurait filé un coup de main - et encore il n'était pas sûr que ce genre de chose arrive souvent à son ami – ou encore un flic, quoique, peu probable finalement.

_ « C'est bien toi qui l'a emmené l'hôpital ? » Continua-t-il.
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yaniti
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MessageSujet: Re: Illusion (Ch10/...) Yaoi   Lun 9 Fév - 13:45

Oups, coup fourré, argent, facture... Se faire la malle et vite. Le cerveau de Gus ne fit pas un pli et cette équation résonna plus vite dans sa tête que tout ce à quoi il avait dû réfléchir depuis longtemps. Il devait foutre le camp avant de se retrouver à payer des sommes exorbitantes ou encore pire, se retrouver devant des flics à donner les noms de ses fournisseurs et forcé ensuite à se soigner... Son visage avait dû refléter son angoisse car Bill se justifia bien vite.

_ « T'en fais pas, je ferais rien contre vous, je suis pas de la police ou ce genre de chose. J'ai juste... Je veux aider Tom... »
_ « Pourquoi ? » Le coupa l'autre, visiblement sur la défensive et Bill eut un rictus.
_ « J'en sais foutrement rien... Écoute, il va mal, je crois que je t'apprends rien là, mais, il faut vraiment qu'il arrête là. Son corps ne pourra plus tenir bien longtemps comme ça. Il est passé à deux doigts hier et la prochaine sera peut-être la bonne pour lui. Faut que tu l'aides, faut que tu me laisses l'aider. Crois-moi je... »
_ « Tu crois que je le sais pas tout ça ? Tu crois que j'ai pas vu tout ça ? Tu crois que j'ai pas déjà essayé ? Il... Tu sais, je suis comme lui alors j'y peux rien, mais les toxicos meurent tout le temps seuls, dans leur coin, shootés jusqu'aux yeux et oubliés bien vite parce qu'on sait que de toute façon c'est ce qui nous attends tous. Alors quoi ? Tu veux quoi ? Que je l'aide ? A quoi ? Je peux pas faire plus. »

Bill avait seulement pu baisser les yeux. Il ne savait pas ce que Tom ou même Gustav enduraient chaque jour. Il ne s'était jamais drogué a part les quelques bédos qu'il fumait en soirée avec ses potes, alors rien de comparable. Il ne connaissait pas ce monde, mais en connaissait les dangers. Il aurait du laisser tomber. En étant réaliste et sain d'esprit, il aurait du partir pour ne pas risquer de sombrer avec eux. Oui, il aurait du...

_ « Et tu pourrais oublier Tom comme tu dis ? »

Gus le regarda et Bill comprit tout de suite. Non, bien sur que non il ne pourrait pas. Il voyait déjà des larmes se former dans ses yeux tendit qu'il les baissait. Il jouait misérablement à pousser un caillou du bout de son pied et ses poings devaient être fermement serrés dans ses poches à voir comment elles étaient déformées.

_ « Tu le connais depuis combien de temps ? » Continua Bill.
_ « Depuis toujours presque. »
_ « Et tu l'as pas empêché de... Enfin, essayé de l'arrêter quand il a commencé ? »
_ « On a commencé en même temps. C'était un jeu au début et puis il est devenu accroc plus vite. Je... Viens. On sera mieux à l'intérieur. »

Gustav lui indiquait la route, mais Bill la connaissait déjà et il ne se pensait pas prêt de l'oublier. Le jeune homme ouvrit la porte avec ses doubles et le brun hésita un moment avant d'entrer, puis finalement s'engouffra dans l'appartement presque effrayant et Gus lui proposa un café.

_ « Je croyais qu'il avait plus de cafetière ? » S'interrogea le brun.
_ « Oui, la cafetière a giclé depuis longtemps, mais il a du café du café soluble » ne put s'empêcher de rire Gustav.

Ils allèrent directement en cuisine et Gustav les servit tous deux. Le brun ne put s'empêcher un sourire en coin, Tom était vraiment pas possible. Enfin non, pas vraiment en fait. Ils ne se connaissaient pas finalement, donc sa réaction était normale après tout.

Ils parlèrent longtemps, ne se souciant guère du temps qui passait. Bill n'arrivait pas vraiment à en faire dire plus vis à vis de Tom, Gustav restant quand même sur ses gardes malgré tout. Ils avaient enchainé café sur café et même avec tout ça, le brun se sentait de plus en plus fatigué. Il avait quand même 36 heures de veille derrière lui et là, juste faire un somme lui aurait bien plu.

_ « Tu ferais mieux de rentrer chez toi. Je sais pas quand Tom rentrera et... Je sais pas dans quel état non plus. De toute façon je dois aller bosser moi, j'avais pas vu qu'il était si tard. »

A cette réflexion, Bill regarda sa montre et écarquilla les yeux de surprise. Il était plus de 20h et il avait passé toute la journée ici à parler avec, ce qui était ce matin encore, un parfait inconnu. Il en avait appris un peu plus sur le dreadé, mais pas encore suffisamment, ce qui ne faisait qu'attiser sa curiosité.

_ « Oh, je... Oui, je vais rentrer oui. Ça va être dur demain je le sens, mais... »

Il fut coupé dans sa phrase par le bruit qu'il aurait reconnu entre mille à présent. Le moteur d'une moto, de la moto de Tom il en était sûr. Il regarda rapidement Gustav et se fixèrent quelques temps, ils n'auraient su dire, ni l'un ni l'autre, combien exactement mais cela semblait long et tellement court en même temps. Le moteur était déjà silencieux, signe que Tom rangeait la moto. Il était fou, vraiment, il roulait beaucoup trop vite... Et était-il capable de rouler tout simplement ?

Les minutes s'écoulèrent avant que la porte ne s'ouvre sur Tom. Il posa son blouson de cuir et resta scotché sur place en voyant les deux autres installés dans la cuisine. Les deux le regardaient, attendant visiblement quelque chose, une réaction, ou l'absence de réaction peut-être. Le dreadé s'avança rapidement en fixant son ami, sa mâchoire était crispée et ses poings serrés, Gus se contenta de baisser la tête. Il savait qu'il avait merdé de toute façon.

_ « Explique » Lâcha Tom, la voix encore pire que colérique.

En voyant qu'aucun des deux ne semblait disponible à répondre, Tom s'enflamma, plus vite et plus fort qu'il ne l'aurait souhaité.

_ « Cassez-vous ! Connard tu te crois où là. C'est chez moi ici, de quel droit tu... Barrez-vous et revenez jamais, je veux plus voir vos tronches. »

Bill avait ouvert la bouche pour parler, tenter d'expliquer quelque chose, mais Gus lui avait simplement empoigné le bras pour sortir rapidement et le brun ne comprenait pas ce comportement. Il le regardait et essayant de se dégager de son emprise et il eut à peine ouvert la bouche que l'autre lui disait déjà :

_ « Il est en manque, on se casse et c'est tout. » Lui expliqua Gustav.

Bill se retourna rapidement pour voir Tom et c'est seulement là qu'il remarqua à quel point il tremblait et à quel point il avait l'air mal. A peine une fraction de seconde plus tard et ils franchirent la porte, entendant derrière eux un « ta gueule Gus » hurlé par Tom. Les deux jeunes hommes se retrouvèrent dehors et Gustav s'allumait déjà une cigarette.

_ « Tu... On va pas le laisser se piquer comme ça, sans rien faire quand même ? »
_ « Et tu veux faire quoi ? Y aller maintenant, lui dire 'non c'est pas bien tu devrais pas' ? Arrête s't'eu plait. Tu dois pas savoir ce que ça fait le manque. Dans l'état qu'il est là, d'ici une petite demie heure il serait prêt à tuer pour son shoot. Tu fais comme tu veux, moi je le laisse tranquille, on verra plus tard pour le reste. »

Gustav s'éloignait déjà de l'immeuble. Il connaissait son ami, il connaissait ses habitudes, il connaissait ses envies et ce besoin urgent qu'il ressentait en ce moment, mais Bill lui ne comprenait pas, ne le tolérait pas. Il remonta les marches doucement, sans savoir encore ce qu'il pourrait faire, s'il pouvait faire quelque chose, mais il ne pouvait juste pas partir comme ça et faire comme s'il ne savait pas, comme s'il ne s'inquiétait pas. Il se doutait qu'à cet instant même le blond devait être en plein trip, qu'il venait juste de s'injecter sa merde et qu'il ne percuterait rien avant de très longues minutes. Il s'assit devant la porte, n'osant pas rentrer sans permission et osant encore moins frapper pour l'avoir.

Il resta là longtemps, à jouer avec ses bagues, à mordre son piercing, à triturer sa veste et finalement écailler tout son vernis. Il était mort de fatigue, mais trop angoissé pour penser à dormir. Il se ravageait l'esprit pour quelqu'un qu'il ne connaissait même pas...

Tom, lui, n'avait pas perdu son temps. A peine les deux intrus éjecté de chez lui, il avait foncé dans sa chambre et préparé tout son matériel. Son corps en frissonnait d'attendre, ses doigts fébriles manipulaient précautionneusement le produit. Il était assit sur son lit, une jambe repliée contre son torse pendant qu'il faisait sa cuisine. Il mordait violemment sa lèvre, tout ça n'allait pas assez vite pour lui et sa jambe tremblait contre sa poitrine, rendant la tâche encore plus ardue, mais le manque était là, il avait trop attendu... Il n'avait pas été assez rapide ce coup-ci.

Lorsqu'il parvint enfin à s'injecter le produit, faisant un garrot avec sa ceinture, il sentit enfin l'air pénétrer dans ses poumons, un souffle long attirant tout l'oxygène possible jusqu'à lui... Sa bouffée d'oxygène. Il ressentait la brûlure dans son bras, le poison infiltrer ses veines et la drogue attaquer son corps, mais c'était si bon, tellement de soulagement arrivait en même temps. Il retira la seringue et desserra le garrot à la va-vite, puis sa tête partit en arrière, il ne voyait déjà plus rien, ne distinguait que de vagues formes autour de lui, avant de s'engouffrer dans un trou noir complet. Son corps était lourd et il se laissa tomber en arrière, plus rien n'avait d'intérêt hormis cette sensation, ce sentiment que tout va bien, ce bien-être totale qui le submergeait.

A partir de là, les minutes ne s'écoulaient même plus pour lui, le temps c'était arrêté, avait stoppé son court en même temps que la drogue s'insinuait partout en lui, le faisant planer, le faisant oublier. Il n'entendit pas la porte d'entrée s'ouvrir qu'en sourdine, le bruit étant atténué par les bourdonnement de ses oreilles. Il n'aperçus pas le brun qui le regardait, presque les larmes aux yeux, que de manière floue, distinguant à peine la silhouette d'un corps fin. De toute façon, qu'est-ce qu'il en avait à faire ? Il ne lui avait rien demandé, ni de soutien, ni d'aide, ni de compassion... Alors qu'il aille simplement se faire voir.

Sur cette vue, Bill décida de rentrer chez lui, il était évident qu'il ne pourrait rien faire ce soir pour l'aider. Il pensait naïvement que le dreadé allait maintenant dormir jusqu'au petit matin... Il ne savait définitivement rien de lui.
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MessageSujet: Re: Illusion (Ch10/...) Yaoi   Lun 9 Fév - 13:46

Chapitre 3 :


Il vit les lèvres de Tom s'élargir en un faible sourire et un gémissement résonner dans la pièce alors silencieuse. Un gémissement de plaisir. Ouais, Tom était au septième ciel là et le cerveau de Bill ne fit qu'un tour, voyant déjà son imagination développer des scènes obscènes devant ses yeux. Le dreadé haletait presque et son tee-shirt relevé laissait clairement voir sa peau bronzée, son torse musclé et la chair de poule délicieusement excitante qui se dessinait de plus en plus.

Bill ne pouvait déjà plus décoller ses yeux de ce spectacle, cela n'avait rien de sexuel, mais c'était tellement ça à la fois. Il le bouffait des yeux, imprimant chacun des souffles que lâchait Tom, imaginant chaque sensation de ses doigts sur son corps, tremblant de désir de goûter cette peau appétissante. Le corps tremblant, offert, cambré, et sans défenses du blond lui faisait de l'œil, le narguait et le tentait.

Il sortit de ses pensées, horrifié par lui-même. Sans même sans rendre compte il avait avancé dans la chambre, marchant de façon automatique jusqu'à hauteur du lit et c'est en voyant sa main presque se poser sur le corps de Tom qu'il réagit, faisant un bon en arrière et paniquant totalement. Bon dieu, mais qu'allait-il bien faire là ? Il se méprisa très fort à la pensée qui l'avait effleuré et partit presque en courant, claquant la porte derrière lui. Il avait peur, mais à présent c'était une toute autre peur qui l'assaillait. La peur de ne pas se contrôler. Il y avait pensé très fort... Profiter de ce corps tentant alors qu'il était complètement défoncé... Dans quel merde s'était-il fourré ? Tant pis, il allait laissé tomber et ne plus jamais revenir, ne plus jamais le revoir, ne plus jamais se soucier de lui, ni penser à lui. C'était fini avant même d'avoir commencé et c'était sûrement mieux comme ça.

En arrivant chez lui, Bill fila directement sous la douche. Il venait d'accumuler une certaine fatigue entre ses 36h de veilles à l'hôpital et la journée avec Gus, qu'il trouvait très sympa d'ailleurs, il était juste mort et ne rêvait plus que de son lit moelleux. Il n'avait pas voulu, aurait préféré ignorer cette pensée, mais en s'allongeant, la seule chose à laquelle il put songer était Tom.

La nuit fut courte. Bill se tournait et se retournait dans tous les sens, ne trouvant pas la position adéquate, se réveillant à peine le sommeil arrivait et pensant inlassablement à ce type qu'il ne connaissait pas et qui ne voulait pas de lui et encore moins de son aide. Lorsque son réveil sonna, il avait à peine dormi quelques misérables heures et son reflet dans le miroir le fit pâlir. Il était horrible, même une tonne de maquillage n'arrangerait pas les choses alors aujourd'hui, autant y aller au naturel et se faire discret dans ces cas là. Il s'habilla sobrement, un jean noir avec un tee-shirt blanc légèrement bariolé, des basket de la même couleur et une veste en cuir noir, le tout était très simple, mais très stylé en même temps. Il marchait le plus rapidement possible dans la rue, la casquette vissée sur sa tête. Il était à la bourre et avait en prime raté son bus. Y a des journées comme ça...

Il devait se mêler de ses affaires, il le savait pertinemment, mais ce fut plus fort que lui, ses pas le menèrent directement où il ne fallait pas. Il se retrouva sur le parking, devant quelques jeunes et enfin il les vit de loin sortir de la voiture du plus petit. Il marcha droit sur eux et ce fut Gustav qui le reconnu en premier.

_ « Bill ? Tu... Qu'est-ce que tu fous là ? »
_ « Rien de spécial. Enfin comme vous quoi. » Son regard se tourna directement vers le dreadé jusqu'à ce que celui-ci relève enfin la tête. «  Wouaw, ! La tête... Y a pire que moi apparemment aujourd'hui. Ça doit faire mal. » Conclut-il.

Effectivement, le visage de Tom, en plus d'être marqué de cernes descendantes presque jusqu'au milieu des joues, avait un énorme bleu au niveau de la tempe, la lèvre coupée et, en regardant attentivement, une légère marque de strangulation à la base du cou. Tom l'avait regardé presque avec haine avant de lâcher un simple mot, en se retournant, murmurant de façon à ce que les autres entendent tout de même.

_ « Connard »

Bill n'avait pas relevé, il l'avait un peu cherché de toute manière. Il jeta un coup d'œil à Gustav pour avoir un semblant d'explication, mais celui-ci fit un petit mouvement de tête. Cela pouvait dire qu'il lui expliquerait plus tard... Ou pas, peut-être juste qu'il devait laisser tomber, mais là c'était sûrement mal connaître le brun. Ils marchèrent un peu, laissant une distance de sécurité suffisante entre eux et l'humeur de Tom, avant que Gus de se décide à enfin lui poser la question qui lui brûlait les lèvres depuis qu'il l'avait aperçu ce matin.

_ « Prends le pas mal, mais franchement tu fous quoi ici ? »
_ « Bah je viens en cours, pourquoi ? »

Gustav le regardait à moitié de travers et Tom était carrément revenu sur ses pas, le regardant en biais et la voix cette fois vraiment méchante et forte.

_ « Je croyais que t'étais un putain d'interne ? »
_ « J'ai dis ça moi ? » Bill se frottait l'arrière du crâne visiblement mal à l'aise. « C'était juste pour me faire mousser un peu, j'étais juste en stage en fait, mais... »

Tom ne lui laissa pas finir sa phrase que déjà un coup frappa le visage du brun, le faisant vaciller et gémir de douleur sous l'impact. Le temps que Bill relève la tête, le dreadé avait fait demi tour et s'éloignait aussi rapidement qu'il le pouvait, visiblement revigoré par cette montée d'adrénaline et de haine mélangée.

_ « Mauvais choix... Il a horreur des menteurs. » Lui expliqua Gus.

Il était déjà parti, reprenant tranquillement son chemin comme si rien ne venait de se passer. C'était peut-être leur quotidien à eux, mais Bill ne se faisait pas frapper tous les jours, loin de là. Sa dernière bagarre devait remonter au cours primaire pour une stupide histoire de goûter. Depuis, il évitait soigneusement tout ce qui s'apparentait de près ou de loin à de la violence, si bien que ce qu'il faisait maintenant le paniquait totalement. Son esprit lui criait à tue tête «  casses-toi, vite, beaucoup plus vite que ça ducon... », mais son corps était là, à marcher derrière Gustav, suivant Tom dans dans les couloirs de la fac.

Bien sur, ils n'avaient aucun cours en commun, mais le midi Bill réussit à se faire une place avec les deux autres à la cafétéria, au grand désespoir de Tom d'ailleurs. Gustav avait l'air vraiment ravi de cette présence. Peut-être était-ce le fait que, quoi qu'il en soit, Tom pensait plus à détester ce brun qu'à aller se shooter... Du moins pour le moment.

_ « Tu lui dois combien ? » Demanda discrètement Gus à son ami, mais pas suffisamment pour que Bill n'entende pas.
_ « Hein ? » Tom venait de relever la tête, leur songeur. Il ne suivait plus la conversation depuis un moment en fait. Gus lui montra juste son visage d'un hochement de tête, accompagné d'un « combien ? »
_ « Laisse tomber »

Le plus petit n'insista pas. Il connaissait parfaitement le dreadé et là, la conversation était close définitivement. Jamais il n'accepterait de l'argent. La pitié, il détestait et encore pire que tout c'était ce sentiment de devoir quelque chose à quelqu'un. Il triturait les aliments dans son assiette et pour changer, il n'avait encore presque rien mangé. Il toussait un peu, se frottait la gorge et même sans être un vrai toubib, Bill pouvait deviner que c'était irrité et douloureux.

_ « T'es allé voir un médecin ? » Demanda t-il.

Ok. Question con, on passe à la suivante. Le regard assassin que venait de lui lancer Tom en disait long. D'une part il lui rappelait son mensonge et d'autre part que ça ne le regardait pas vraisemblablement. Tom se mordait la lèvre nerveusement, attendant quelque chose, peut-être son prochain shoot, il tapait son pied sur le sol, martelant un rythme effréné et regardant un peu partout avant de reposer ses yeux sur son assiette et son contenu réduit en bouillit. Il soupirait un peu aussi et Gustav le regardait, pas inquiet mais désolé pour lui plutôt.

_ « Ça commence déjà ? » Demanda t-il.

Pas besoin de préciser pour que Bill comprenne qu'il parlait du manque. Ils ne disaient jamais les choses clairement à la fac ou tout autre lieu public, les gens savaient peut-être pour eux, mais en tout cas cela ne sortait jamais de leur bouche.

_ « Non, ça va pour le moment. » Le rassura Tom avec un petit sourire forcé.

Ça aurait pu être vrai, ça l'était sûrement, mais Gus et Bill ne le croyait qu'à moitié. Il n'était pas en manque certes, mais les premiers symptômes commençaient à apparaître et ne les dupaient pas, surtout son ami de toujours, celui qui vivait presque la même galère. Tous furent coupés dans leur pensée lorsqu'un jeune homme s'approcha de la table où ils étaient installés. Bill le regardait quelque peu étonné, tandis que Gus semblait le tuer du regard. Seul Tom lui sourit. Un sourire... Pas mesquin, mais qui voulait dire « je le savais... ».

Le nouveau venu était assez grand, mais étant aux-mêmes assis, Bill avait du mal à juger. Il avait les cheveux longs et lisses, des épaules carrées et un air arrogant au possible. Il fit juste un léger mouvement de tête pour Tom, lui indiquant de venir et déjà le dreadé commençait à se lever. L'autre avait déjà commencé à s'éloigner et Tom allait en faire de même, mais la main sur l'épaule du blond le fit se rassoir d'un coup sec, le laissant totalement surpris.

_ « Vas pas avec lui Tom. » Commença Gus.
_ « Et pourquoi pas ? »
_ « Parce que je... Je le sens pas c'est tout. Ce mec il est tellement... »
_ « C'est bon t'inquiètes pas va... A moins que tu sois jaloux mon petit Gus ? » Le taquina Tom en haussant les sourcils de façon très explicite.

Il ne lui laissa pas le temps de répondre que déjà sa langue léchait les lèvres de Gustav et celui-ci vira immédiatement écarlate. Il le repoussa rapidement en s'essuyant la bouche du revers de sa manche et Bill regardait la scène stupéfait. Le petit blond n'avait pourtant rien d'un homo « ok c'est pas forcément marqué sur la tête des gens » se dit-il et la façon dont il avait repoussé Tom le rassura, peut-être plus parce qu'il était jaloux de Gus que de savoir qu'il était gay ou pas.

_ « Putain, merde Tom pas ici. » engueula timidement Gus.
_ « Oui, oui, je sais tu as ta réputation à tenir. » Lança Tom en s'éloignant et balançant un signe de main pour saluer les deux autres, ou peut-être juste son ami finalement.
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MessageSujet: Re: Illusion (Ch10/...) Yaoi   Lun 9 Fév - 13:48

Quand le blond tourna la tête, il se retrouva avec le regard de Bill, les yeux parfaitement en forme de soucoupe, planté dans le sien. Un hochement de tête, accompagné d'un air interrogatif le fit redescendre sur terre.

_ « Qu'est-ce que t'as ? Tu as vu un fantôme ou quoi ? »
_ « Non, non... Je... Rien. » Finit-il par bafouiller comme excuse, rougissant et retournant à son assiette, malheureusement vide. « C'était qui ce mec ? T'as pas l'air de l'aimer. » Dit-il plus pour changer de sujet qu'autre chose.
_ « Georg. Je sais qu'il se tape Tom, mais je le sens pas, je sais pas ce qu'ils magouillent tous les deux et j'aime pas ça. »

Bizarrement, le cœur de Bill s'était tordu douloureusement, lui laissant la sensation qu'on le passait presque dans un hachoir tellement il avait la nausée à ces mots. Pour une raison pas totalement inconnu il était heureux de savoir, d'avoir la confirmation, que Tom était bien homosexuel, tout du moins bi, mais savoir qu'il n'allait pas aller jouer au Scrabble avec ce Georg lui brûlait les entrailles.

Pour la premier fois de sa vie il ressentait réellement ce qu'était la jalousie. Il la sentait piquer chacun de ses nerfs, tirer chacun de ses muscles, pourrir l'intérieur de son corps d'un sentiment dévastateur et au combien répugnant. Il sentait la colère monter en lui, la haine le ronger et la rage l'ensevelir sous des tonnes d'émotions toutes plus méprisables les unes que les autres... Tout ça pour un mec qu'il connaissait depuis même pas deux jours.

_ « Et pour vous deux ? » Essaya t-il pour se changer les idées.
_ « C'était y a longtemps et disons qu'on aime se taquiner de temps en temps. C'est tout. »
_ « T'es... Enfin je te pensais hétéro moi. »
_ « Je le suis. » Devant l'air d'incompréhension totale du brun, Gus gloussa un peu avant de continuer. « Je suis allé qu'avec Tom et on était jeunes, c'était juste pour essayer, ça a duré quoi ? Quelque chose comme deux mois je crois et puis voilà c'est tout. Ça s'est fini comme ça a commencé. »
_ « Mais, vous continuez de temps en temps non ? Enfin c'est ce que j'ai pu comprendre. »
_ « Non pas vraiment. J'ai une copine et Tom a des tas de copains et copines un peu partout. » Lâcha Gus en rigolant, ne voyant pas le malaise chez son nouvel ami. « Disons... Qu'on joue un peu plutôt. »

Il était presque 14 heure lorsque Tom rejoignit les deux autres, ils étaient assis sur un banc à papoter comme deux gonzesses et le dreadé ne put s'empêcher de sourire à cette vue. Il s'approcha et surprit son ami en lui ébouriffant les cheveux. Venant de derrière, aucun des deux ne l'avaient entendu, ni vu, arriver. Gus hurla un coup, plus pour la forme qu'autre chose, il savait parfaitement que le seul à le toucher comme ça était Tom et il lui attrapa la main encore posée sur sa tête et la ramena devant lui. Le dreadé se retrouvait penché au dessus de son ami, les bras de chaque coté de son visage et le menton posé sur son crâne. Ils n'avaient plus besoin de se regarder depuis longtemps pour communiquer et la pression que Gustav exerçait sur la main de Tom, tendre et inquiète, parlait largement assez pour lui. Bill les regardait et ils avaient vraiment l'air d'un petit couple en fait, mais cela ne le gênait pas bizarrement. Leur relation semblait être à mi chemin entre de l'amour et une amitié fraternelle.

_ « T'inquiètes pas, ça va bien... »

Une simple phrase avant que Tom ne se détache et commence à partir. Son ami n'essaya pas de l'arrêter, il savait bien ce qu'il allait faire et que rien ne pourrait l'empêcher d'aller chercher sa dose. Bill, lui, ne connaissait pas encore toutes leurs habitudes et tous leurs non-dits n'étaient pas faciles à suivre.

_ « Il va où comme ça ? Les cours sont pas finis pour vous, si ? »
_ « Pour lui si. Sa journée normale s'arrête là. » Gustav n'en dit pas plus, pas besoin de toute façon.

Il resta là un long moment silencieux, le regard perdu sur l'horizon, fixant un point quelconque, les yeux tristement mélancoliques. Bill n'osait pas l'interrompre dans ses pensées même si une multitude de questions lui brûlait les lèvres. Il était sûrement le pire des idiots de s'impliquer comme ça avec deux junkies qu'il ne connaissait qu'à peine, mais c'était plus fort que lui et que toute la belle morale qu'il avait toujours reçu, il devait les aider. Il le voulait plus que tout. Tom devait s'en sortir un point c'est tout.

Le reste de la journée passa lentement pour le brun qui était retourné dans ses bâtiments universitaires. Il réfléchissait et avait la tête complètement vide en même temps, ressassant inlassablement les mêmes idées, les mêmes images et les mêmes sentiments. Il ne revit ni Gustav, ni Tom de l'après-midi et il ne le savait pas, mais il allait rester plusieurs jours sans aucune nouvelles des deux jeunes hommes.

- - - -

Deux jours venaient de s'écouler de façon horrible pour Bill, sans les voir, sans nouvelles et le week-end arrivait à grands pas, le rendant encore plus anxieux. Il s'imaginait bien sûr le pire des scénarios et fermait violemment les yeux lorsque les images que son cerveau lui imposait devenaient trop dures à encaisser. Gustav était devenu en l'espace de peu de temps un ami, il n'en doutait pas et Tom... Bah c'était juste bizarre. Tom lui était devenu indispensable sans même savoir pourquoi ni comment. Il l'avait dans la peau sans être capable de dire si c'était de l'amitié, de l'amour ou de la compassion, ni même si c'était quelque chose qui s'apparentait à cela. Il n'avait jamais ressenti un truc comme ça.

Il angoissait affreusement de ne pas savoir ce qui se passait et de ne pas être mis au courant, mais finalement il ne faisait pas encore partie de leur vie. Rien que cette pensée lui faisait mal et lui retournait l'estomac en se rendait compte avec horreur que Tom était déjà la 'chose' la plus importante de la sienne. Tom était déjà presque tout pour lui et ça le flippait à un point inimaginable. Il devait réagir et s'éloigner avant de définitivement perdre la tête et devenir accroc à ce mec. N'était-il déjà pas trop tard ? L'idée même de ne plus le voir lui broyait le cœur. Il n'était même plus en terrain miné, il tenait là le couteau qui allait le poignarder.

Il aurait bien appelé Gustav, mais ne connaissait pas son numéro. Il aurait voulu voir Tom, mais trouvait déplacé d'aller chez lui. Il était tiraillé entre ses envies et sa conscience, entre son besoin de le voir et celui de se protéger.

Il laissa passer le week-end, essayant du mieux qu'il pouvait de ne pas penser à eux, mais ceci n'était qu'une vaine tentative de se convaincre qu'il pouvait le faire et que tout était encore sous contrôle. Il avait passé les deux jours enfermé chez lui à se ronger les ongles et à tourner en rond jusqu'à en devenir fou et le lundi matin il s'était précipité pour les rencontrer.

Il avait d'abord été soulagé d'apercevoir Gus, mais bien vite l'absence de Tom lui glaça le sang. Il devint pâle comme un linge et arrivé à hauteur du blond, lui tirant sur la manche de sa main tremblante, il ne put souffler qu'un «  Tom ? ». Gus tenta un petit sourire, mais le cœur n'y était pas de toute évidence.

_ « Je l'ai pas vu depuis samedi. »

Bill attendait plus que ça, ne réagissait toujours pas, préférant croire qu'une suite allait arriver.

_ « Il répond pas non plus au téléphone... Je sais pas. »

Non, il n'attendait pas ça du tout. Ses lèvres commencèrent à trembloter et ses doigts se crisper sur la chemise du blond. Il n'allait tout de même pas pleurer pour un mec qu'il ne connaissait pour ainsi dire pas quand même ?

_ « Je... Il doit être à une rave, ou bien un truc comme ça. T'inquiètes pas, c'est déjà arrivé qu'il disparaisse comme ça. Il ne met jamais bien longtemps à revenir. »

Ça avait sûrement pour but de le rassurer, mais pas sûr que les mots avaient été bien choisit. Ou peut-être était-ce le visage de Gustav qui reflétait lui-même une inquiétude certaine qui le paniquait. Finalement, aucun n'alla en cours, préférant passer la matinée à parler ensemble. Le temps passait plus vite accompagné et plus il passait et plus Bill en apprenait un peu plus sur les deux jeunes hommes et les moments plus ou moins difficiles qui les avaient amené à tout ça, les raisons de leur amitié à toute épreuve et leur relation souvent ambiguë.

A midi, Bill n'y tenant pu, demanda à Gus de l'appeler encore et bien sûr Tom ne répondit toujours pas. Le brun prit le numéro de son nouvel ami et celui de Tom par la même occasion, « ne jamais perdre le nord » était sa devise après tout. Puis il se leva et annonça au blond qu'il allait voir à son appartement si le dreadé était revenu. Il n'y croyait pas trop lui même, mais il avait besoin de bouger et de faire quelque chose au lieu d'attendre là peut-être une mauvaise nouvelle.

Il marchait vite, croyant naïvement que cela arrangerait les choses, ou alors peut-être éviterait-il de trop penser en attendant. Il sentait son cerveau bouillonner, apeuré à l'idée de le perdre alors qu'il ne l'avait même pas trouver réellement. Cela semblait stupide, il se trouvait stupide, il se savait stupide, mais il ne voulait même pas y penser. Que pouvait-il bien y faire si son cœur et son corps avaient choisi la mauvaise personne après tout ?

Il arriva devant sa porte et hésita l'espace d'un instant entre frapper, entrer directement avec la clef de Gus, ou alors faire marche arrière et le sortir définitivement de sa vie. Il laissa passer ce qui lui sembla être une éternité, soit l'équivalent de deux petites secondes avant de tambouriner furieusement sur la porte. Sûrement ne sans rendait-il pas compte, mais la voisine, affolée par tout ce vacarme ouvrit la porte et devant la mine dévastée du jeune homme ne put s'empêcher de dire « Non, pas encore ? » avec un air des plus apeuré sur le visage. Bill semblait fou et sans mentir, Cynthia, depuis qu'elle savait la vérité, avait peur des venues possibles, mais certes peu probables, des dealers.

_ « Non, non, excusez moi, je suis pas quelqu'un de... Suspect. Enfin en temps normal. Je... j'ai les clefs aussi, Je suis un ami. » Essaya de la rassurer Bill.
_ « Il s'est passé quelque chose ? »
_ « Non, enfin on sait pas trop, on est sans nouvelle. Je vais aller voir maintenant. »
_ « Ok, si vous avez besoin d'aide je suis là. »

Après un rapide merci, Bill ouvrit la porte, tremblant et frissonnant de la tête au pied. Il n'était vraiment pas sûr s'il devait faire quoi que ce soit et s'infiltrer ainsi dans la vie de Tom, mais une fois de plus il cessa de penser.
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MessageSujet: Re: Illusion (Ch10/...) Yaoi   Jeu 12 Fév - 2:05

O_O
Oh my fucking god!! (Oh comment tu parles!!^^)
Elle est trop bizarre cette fic!!!!
...
J'aime!!!!!

Je savais que j'aimais tes fics, mais je me souvenais pas à ce point!!
xD

Dis moi, tu aimes les happys end???
Parce que là je le sens déjà mal pour la fin là!!!
xD
En fait en temps normal, je me dirais ça va finir en sad end, mais connaissant ton genre d'écrits, ça sera pas le cas...
Mais je me dis qu'ils sont mal barés...

(Oui, la fic vient juste de démarrer et je m'occupe déjà de la fin, mais j'y peux rien, c'est plus fort que moi...^^)

En tout cas contente de te revoir sur le fo' (mort en ce moment...) avec une new fic!!
=)

Bisous!!
(Je serais là dès qu'il y aura une suite alors Suite bien sûre!!!! =D )

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MessageSujet: Re: Illusion (Ch10/...) Yaoi   Jeu 12 Fév - 10:27

lol merci. Oui c'est clair ils st mal barrés mais comme tu l'as dit, mes fics sont toujours avec un happy end =D
Contente que tu aies lu et aimé en tout cas.
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MessageSujet: Re: Illusion (Ch10/...) Yaoi   Jeu 12 Fév - 14:29

Bah d'un coté je me demande comment la fic pourrait ce dérouler s'ils s'en sortiraient facilement...
Ca serait tout nul!!!!
xD

Lu et aimé?
Ca va de paire avec tes fictions!!!!
^^

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MessageSujet: Re: Illusion (Ch10/...) Yaoi   Dim 15 Fév - 20:39

Chapitre 4 :


Il marcha comme au ralentit, un sentiment de trouble, la sensation d'être ailleurs, de voir la scène comme dans un film. Il se sentait bouger, voyait les murs autour de lui, mais ne réalisait pas vraiment. Il devait faire quelque chose, le mieux étant de partir en courant, mais son corps avançait tout seul, dicté par la seule volonté de ses fantasmes ou peut-être de ses craintes. Il aurait aimé ne s'être jamais intéressé à ce type, ne s'être jamais soucié de son sort et n'avoir jamais été aussi con pour s'enticher de lui. Il désirait plus que tout qu'il soit là et craignait à la fois de le retrouver. Il respirait lentement, mais son cœur tambourinait si fort dans sa poitrine que c'en était douloureux.

Il était dans l'entrée de cet appartement depuis ce qui lui semblait être une éternité lorsque enfin il se décida à sortir de sa torpeur. Il se mit à marcher plus vite, se précipitant presque jusque dans la chambre du dreadé. Un soupir de soulagement sortit de sa bouche et tout ses muscles se relâchèrent d'un coup. Il n'y avait personne. Cela aurait pu être flippant, mais lui se disait que c'était un bon signe bizarrement. Il revint sur ses pas et regarda rapidement dans le salon. Bien sûr qu'il n'était pas là, mais Bill ne put s'empêcher de scruter le monde de Tom, reflétant parfaitement sa vie, désordonnée et dévastée.

Un espèce de vieux canapé qui autrefois devait se déplier, une table basse en bois chinée quelque part, quelques centaines de photos accrochées sur le mur qui formaient un gigantesque poster et une vielle télé minable qui gisait à même le sol. Voici à quoi ressemblait son quotidien. La chambre n'était guère mieux d'ailleurs ; le lit, enfin seul le matelas avait réussit à survivre à cette dure époque, et une guitare qui étonnamment paraissait intacte. Bill essayait de ne pas faire attention aux quelques seringues usagées qui trainaient sur le parquet et encore moins aux capotes dans la poubelle qui n'avaient pas loupé de lui sauter aux yeux.

Il n'avait pas fait attention, non il n'avait pas du tout fait attention à ça et il se traita de tous les noms d'oiseaux qu'il connaissait. La douche coulait. Tom prenait un bain, était juste à quelques mètres de lui et dans la panique et la précipitation il n'avait même pas entendu. Il allait l'attendre, c'était ce qui lui était d'abord venu à l'esprit, s'assoir là quelque part et attendre patiemment qu'il sorte de la pièce. Bien que l'idée de le reluquer complètement nu ne l'aurait pas déplut, il se retint. Il pouvait enfin souffler, Tom était là tranquillement à se laver et il n'avait plus besoin de stresser inutilement.

Il s'assit, non sans vérifier où il mettait ses fesses avant, l'idée de se planter une aiguille dans le derrière ne le tentant pas du tout. Ce n'est qu'à ce moment qu'il se rendit pleinement compte de l'état dans lequel il s'était mis. Il n'avait jamais eu aussi peur de toute sa vie. Si ça c'était pas de l'amour ? Il se mit à sourire bêtement à cette idée. L'amour le rendait con de toute évidence et pathétique, mais il était maintenant rassuré. Il se détendit un peu, relâchant sa tête contre le dossier du canapé et expirant fortement avant de réouvrir les yeux rapidement.

Un gémissement. Un gémissement venant de la salle de bain. Un gémissement de douleur venant de la salle de bain le fit réaliser que peut-être tout n'allait pas bien. Il se releva en se précipitant sur la porte, il n'y avait que quelques pas pour l'atteindre, mais il réussit à trébucher entre elle et le canapé. Un autre gémissement, puis encore un autre. Bill attrapa la poignée furieusement et tira la porte vers lui, le bruit étouffé par ceux de l'eau et des gémissements.

Tom était bien là, le corps plaqué contre la parois carrelée et froide de la douche, les poings durement serrés de chaque côté de son visage crispé dans une expression de souffrance, sa lèvre brutalement mordu pour étouffer ses cris, et les paupières fermées si fortement qu'il devait déjà voir toute une nuée d'étoiles derrière.

Bill aurait pu en vomir. Cette vue le dégoûtait, ces bruits résonnaient dans sa tête et la chaleur l'étouffait. Il sentait la nausée monter sans pouvoir rien y faire.

_ « T'es toujours aussi bon, foutrement étroit et plus c'est violent et meilleur t'es. Tu t'imagines même pas comment je prend mon pied quand tu te contractes comme ça Tom. »

C'en était trop, Bill quitta la pièce et s'enferma dans la chambre, ne pouvant pas aller plus loin, ses jambes ne le supportant même plus et son estomac s'amusant à faire des tours dans son ventre pour l'écœurer encore d'avantage si cela était humainement possible. Il était assit là, la tête posée sur ses poings joints, le corps se balançant d'avant en arrière comme pour se bercer pendant qu'il entendait encore les gémissements de douleur de Tom, de plaisir de Georg.

Il se passa un temps non quantifiable durant lequel Bill n'osait même plus respirer, pendant lequel Tom hurlait presque, retenait ses cris entre ses mâchoires serrées. D'innombrable questions tournaient en boucle dans le cerveau du brun, malgré le fait qu'il tentait désespérément de ne penser à rien et surtout pas à ce qui se passait dans cette foutue salle de bain.

Aimait-il le sexe violent ?
Aimait-il Georg au point de le laisser faire ?
Était-il consentant ?

Cette dernière le fit relever la tête. Est-ce que Tom le voulait vraiment ? Bill se sentit envahir d'une rage folle et incontrôlable. Est-ce que cela pouvait s'apparenter à un viol ? Devait-il réagir, agir, ou ne rien faire ? Il n'était même pas censé être là après tout et ce n'était pas le première fois que Tom couchait avec ce mec.

La migraine se profilait à l'horizon et s'approchait à grand pas. La nausée s'amplifiait et augmentait ce sentiment infect qui l'enveloppait. Il aurait voulu débouler et arracher Tom des griffes de ce type répugnant. Il aurait voulu le frapper si fort qu'il l'aurait laissé presque mort sur le carrelage de la salle de bain. Il aurait voulu hurler à s'en péter les cordes vocales que Tom était à lui, mais il ne pouvait pas, il le savait, il n'en avait pas le droit... Alors il attendait. Il attendait que cette chose qu'il ne pouvait même plus appeler homme, finisse de briser Tom.

Il lui sembla attendre une éternité avant que la porte d'entrée ne claque, les pas lassants du dreadé lui arrivant déjà aux oreilles il se releva et sortit de la chambre. Il se tenait là devant Tom et la liasse de billets que celui-ci venait de jeter négligemment sur le canapé ne lui avait pas échappé. Le blond resta quelques instants immobile avant de réagir et de commencer à crier, l'injuriant déjà de toute l'étendue de son vocabulaire et Bill resta juste là à le laisser faire.

_ « Tu me gueules dessus parce que je suis là et lui ? Tu lui dis rien alors qu'il t'a limite violé ? Cet argent c'est quoi ? Tu fais la pute pour lui ou quoi ? » Demanda presque calmement Bill.
_ « Tires-toi » Lui répondit sur le même ton le blond.

Bill ne chercha pas à aller plus loin, Tom avait l'air mal, tremblant presque autant que lui et de toute façon, que pouvait-il faire de plus maintenant ? Il comptait cependant ne pas lâcher l'affaire de si tôt. Il marcha lentement vers la sortie, mais s'arrêta au niveau de l'autre en le regardant fixement, malgré tout du désir dans les yeux.

_ « Cherche pas je suis hors budget pour toi, tu m'auras jamais » Lui cracha Tom à la figure.

Bien sûr que Bill ne voulait pas lui demander cela, mais la réponse l'énerva presque autant que la scène à laquelle il avait assistée et ce fut sans le vouloir qu'il s'entendit répondre, la bouche contre celle de Tom et son souffle chaud sur ses lèvres.

_ « N'importe quel argent te conviendrait ? Alors tu fermeras ta gueule et tu me laisseras te baiser comme tous les autres. »

- - - -

Il ne réalisait pas, il courait comme un dératé dans les rues et l'oxygène lui manquait depuis longtemps, mais il ne voulait pas s'arrêter pour autant. Il se dégoûtait à un point qu'il n'avait même jamais pu imaginer. Arrivé au détour d'une ruelle, son corps essoufflé, tremblant, et parcouru de spasmes ne le soutint plus. Son estomac se mit à convulser de manière douloureuse jusqu'à vomir tout son contenu et même encore bien plus, continuant de se contracter en de violents spasmes même après tout rendu. Il pleurait, de douleur et de colère. Comment avait-il pu ne serait-ce que penser ses mots ? Comment avait-il pu les dire ? Balancer ça à Tom ? Il était partit aussi vite qu'il avait pu, mais pas assez pour ne pas voir le visage du blond, reflétant quelque chose entre le furieux et l'habitué et Bill ne savait pas ce qu'il devait craindre le plus... Sa fureur ou son indifférence ?

- - - -

Quinze jours venaient de se passer, Bill était presque inséparable de Gustav et ils s'entendaient comme cul et chemise. Tom, lui, n'était jamais bien loin et le brun en était heureux de pouvoir encore le voir et lui parler après ce qu'il avait fait, ou dit pour être plus précis. Cependant il savait, malgré les tentatives incessantes pour se faire pardonner, qu'il ne semblait plus exister pour Tom, celui-ci ne le voyait plus, ne lui parlait plus et ne l'engueulait même plus.

Le temps voulait continuer ainsi, sans rien changer de toute évidence, mais le brun ne pouvait simplement pas accepter. C'était inconcevable pour lui de ne pas réussir à briser la glace qui s'était insinuée entre eux, s'épaississant chaque jour un peu plus pour les éloigner encore d'avantage. Il trainait maintenant souvent avec les deux jeunes hommes, même en dehors de leur université, soit chez Gus, dans un bar ou encore, pour la première fois, dans une discothèque.

La musique était assourdissante, les éclairages aveuglants et l'ambiance survoltée. Le rythme était rapide, les corps collés, les langues joueuses et les mains baladeuses et Bill regardait le dreadé embrasser ce type, un mec qui lui était parfaitement inconnu et de toute évidence à Tom aussi il n'y que quelques secondes à peine. Il se sentait bouillir de l'intérieur, brûler totalement d'envie et de jalousie.

Tom était à tomber. Rien d'extravagant, mais le jean serré qu'il portait et ce tee-shirt près du corps, la sueur le faisant coller à sa peau, le rendait foutrement sexy. Il bougeait sacrément bien aussi et le brun aurait donné beaucoup pour être celui qui se trémoussait à cet instant contre son corps.
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MessageSujet: Re: Illusion (Ch10/...) Yaoi   Dim 15 Fév - 20:41

L'autre type n'avait vraiment rien de bandant par contre et Bill se mit involontairement à faire la grimace. Il imaginait, bien malgré lui,les ébats de ces deux là et cela lui filait juste la nausée. Jalousie quand tu nous tiens... Leurs corps bougeaient de façon obscène pour le brun et la main dans le pantalon de Tom, malaxant sa chair de manière brutale et désireuse, le foutait en rogne plus que tout, enfin non, pas plus que tout...

Bill reconnaissait maintenant les signes et Tom n'allait pas tarder à partir pour se faire son shoot, enfin s'il avait assez d'argent, sinon, il irait en gagner avant et ça, ça bouffait Bill encore bien plus que de savoir qu'il se tapait toute la ville par plaisir. Le fait qu'il vende son corps, même s'il n'en avait encore pas eu confirmation, le tuait à petit feu. L'imaginer trainer dans les quartiers des prostitués, le savoir se faire prendre sans doute sans douceur, comme il l'avait vu avec Georg, tout ça pour se payer ses fixs... Il devait l'aider, mais plus il y réfléchissait et moins il trouvait de solutions. Il ne pouvait juste pas dénoncer Tom pour qu'il se fasse soigner, cela ne marchait que peu souvent. L'aider contre son gré n'était pas le bon moyen, mais le laisser continuer n'était pas non plus envisageable.

Pendant qu'il pensait, il voyait Tom s'engouffrer dans les coins obscures de cette boite de nuit gay et son sang ne fit qu'un tour. Il allait l'en empêcher au moins pour cette fois. Il se précipita pour les rattraper et agrippa le bras du blond. Lorsque celui-ci se retourna, il ne se posa aucune question et posa ses lèvres brutalement contre les siennes, l'embrassant avec force et désir. Le brun enfonçait déjà sa langue dans la bouche de Tom et le poussait à un baiser sauvage. Un sourire traversa son esprit et étira ses lèvres lorsqu'il entendit le blond gémir dans sa bouche et sucer sa langue sous le plaisir. Il embrassait divinement bien et Bill perdit la tête un moment, se laissant totalement aller dans cette étreinte. Tom avait d'abord été surpris, sonné par ce baiser, mais il finit par repousser Bill en sentant la pression sur sa main... L'autre s'impatientait et c'était son gagne-pain, il ne l'oubliait pas.

Ils respiraient tous les deux de façon saccadée, se regardant avec envie, mais un détail n'échappa pas à Bill... Tom avait déjà les pupilles dilatées. Il était sûrement déjà sous extasie ou autre truc du genre et le brun se maudit de ne pas s'en être douté avant de le voir. Le sourire taquin de Tom le rendait fou et la langue qui léchait son oreille n'arrangea rien du tout.

_ « Tu me veux Bill ? Si tu me veux, tu paies ! » Lâcha le dreadé.

Cette phrase eut pour effet de le calmer direct. Il ne voulait pas avoir Tom comme ça, en le payant, alors qu'il était déjà à moitié défoncé. Il voulait que tout soit différent, mais il ne pouvait pas non plus dire qu'il était totalement insensible, surtout lorsque Tom lui prit sa main et la plaça directement sur ses fesses, collant son corps contre le sien et lui susurrant quelques mots à l'oreille, laissant courir sa langue contre son cou. Bill était fou, presque en transe, Tom avait un putain de cul de malade, trop souvent caché sous ses baggys et il l'allumait de façon si experte qu'il aurait pu en jouir là, en plein milieu de cette foutue boite.

_ « Tu peux te payer ça ? »

Tom le regardait et il eut un sourire en coin en s'éloignant avec l'autre type, laissant Bill planté là comme un con. Un con en train de bander. Le dreadé était déjà dans un état second et ne savait sûrement plus tout à fait ce qu'il faisait, mais Bill ne pouvait pour le moment absolument rien y changer malheureusement. Il dit rapidement au revoir à son ami Gustav et partit , se dépêchant de rentrer chez lui. Il devait trouver quelque chose et en tout premier, se soulager de cette érection douloureuse.

Il n'avait pas revu Tom depuis quelques jours que déjà il lui manquait affreusement. Gus essayait de lui faire comprendre que c'était comme ça, que Tom ne venait que quand il voulait, que quand il pouvait, qu'il n'avait pas besoin de tourner en rond comme un lion en cage durant des journées entières, que Tom ne reviendrait pas plus vite. Il avait arrêté de lui mentir et lui avait expliqué qu'il devait être dans un des squattes à commater quelque part sur un matelas dégueulasse au meilleur des cas, ou à même le sol dans le pire.

_ « Tu sais comment il se paie ses doses ? »

Lui avait demandé Bill un jour et le visage de Gustav indiquait que oui, il savait, mais n'y pouvait rien. Il avait juste répondu quelque chose comme « il... On fait tous comme on peut, c'est tout. » Et Bill avait pensé à une chose, peut-être stupide dans le fond, mais il devait essayer finalement. Il alla voir Tom chez lui ce jour là, vers 13 heure. Il ne savait pas vraiment s'il serait là, mais il ne perdait rien à tenter sa chance. Il frappa à la porte sans grand espoir mais qu'importe. Il avait également peur. Peur que Tom ne soit pas tout seul chez lui, sa dernière visite l'ayant un peu traumatisé. Le dreadé lui ouvrit en écarquillant les yeux, il ne s'attendait pas à le revoir chez lui, mais le sourire de Bill le força à le laisser rentrer, premier pas.

_ « Salut, ça va ? Ça fait un moment qu'on t'a pas vu. » Bill était heureux, Tom avait l'air bien et clean, du moins pour le moment.
_ « Je... Ouais ça va. Tu fous quoi ici ? »

Rectification. Tom semblait avoir une belle migraine en fait mais cela ne fit que sourire Bill. A boire comme il le faisait en soirée, comme le brun l'avait déjà vu, c'était quelque chose d'assez normal.

_ « En fait j'ai quelque chose à te demander... » Commença t-il, bien vite coupé par Tom.
_ « Cherche pas j'ai pas de tunes à te filer et je baise pas gratis. Autre chose ? »
_ « La deuxième m'aurait bien tenté mais non c'est pas ça. » Rit un peu Bill. « J'ai vu une guitare l'autre jour dans ta chambre et... »
_ « Je la vends pas. » Se précipita à dire le blond.
_ « Non, c'est pas ça. Tu en joues bien ? Parce qu'en fait je voudrais que tu m'apprennes. Que tu me donnes des cours quoi et je te paierais pour ça. J'ai toujours voulu apprendre à en faire, mais jamais eu le temps. Alors ? Ça te tente ? »

Tom semblait voir un coup fourré se profiler, mais l'argent avait plus de mal à rentrer, donc il n'avait pas vraiment le choix en fin de compte.

_ « Combien ? » Demanda t-il.
_ « Combien quoi ? De cours ? Un paquet je peux te l'assurer » Dit Bill en rigolant. Il n'avait jamais touché une guitare de sa vie et, pour être honnête, il s'en tamponnait le coquillage, mais il n'avait trouvé que ça. « Combien d'argent ? J'en sais rien, tu voudrais combien par heure ? Je pourrais sûrement pas plus de 60 euros je te préviens tout de suite. » Finit-il.

Il vit Tom écarquiller les yeux. Oui, c'était beaucoup d'argent pour une heure de cours et il savait que le blond ne refuserait pas l'offre. Il gagnait peut-être plus avec son corps, mais il ne doutait pas que ce job lui conviendrait d'avantage.

_ « A une seule condition. » S'empressa t-il d'ajouter et il vit Tom se renfrogner directement. Il ne pu s'empêcher de sourire. « Tu me montres déjà comment tu joues avant toute chose. »

Et pour la première fois, un sourire lui était destiné, accompagné d'un petit rire. Il l'avait fait flipper apparemment.

_ « Ça me semble correct. Ok, viens » Dit Tom en allant dans la chambre où était la guitare.

Bill ne regretta pas une seconde son choix, Tom jouait de manière fluide et douce et, sans rien cacher, il était juste beau avec sa guitare. Un truc se dégageait de lui quand il jouait. Il semblait être une autre personne, presque sereine. Bill était assit sur le lit, le dos contre le mur, les jambes repliées contre son torse et les bras les serrant fortement. Il regardait Tom jouer et s'évadait totalement. Il n'était plus dans cette chambre de drogué, mais dans un tout autre endroit, accompagné d'un Tom souriant et en pleine forme. Il était tellement magnifique, les dreads retombantes dans son dos, caressant pour certaines l'instrument, ses doigts glissant sur les cordes et ses dents mordant un peu sa lèvre ou son piercing.... Il avait choisit un bon prof à n'en pas douter.

_ « Alors ? » Demanda Tom, sortant Bill de sa contemplation, le faisant sursauter un peu.
_ « Géniale. On commence quand ? »
_ « Quand tu veux. »
_ « Maintenant. »

Ça faisait peut-être un peu trop pressé là, non ? Tant pis, c'était fait. Il se sentit rougir sous le regard de Tom, mais finalement ils rirent ensemble.

_ « Tu as une guitare ? Je peux te conseiller si tu veux ? »
_ « Ouais je veux bien, j'y connais rien moi. Aller viens on y va maintenant. »

Il ne laissa à peine le temps à Tom de reposer sa guitare que déjà il le tirait par le bras, agissant comme un enfant à qui on avait promis des bonbons, et c'était presque ça. Tom était son bonbon. Ils se retrouvèrent à marcher dans les rues ensemble, côté à côte, un sourire niais collé au visage de Bill. Tom était transformé des qu'il parlait musique et même son visage était plus souriant lorsqu'ils étaient rentrés dans la boutique d'instruments, se dirigeant directement vers les guitares. Le brun ne se lassait pas de le regarder, se faisant souvent rappeler à l'ordre par Tom pour qu'il s'intéresse à ce qu'il lui montrait. Au bout d'une heure, Bill avait tout le nécessaire du débutant et ils se dirigeaient de nouveau vers chez Tom. Le brun se tapa encore l'incruste pendant une bonne heure chez lui, mais voyait bien que Tom commençait à ne plus être au mieux de sa forme alors il partit, non sans lui donner rendez-vous le lendemain pour leur premier cours.

Il sifflotait dans les rues. Il en avait rien à taper de cette guitare, mais il ferait un effort pour rester aux côtés de Tom et l'aider au moins à ne plus vendre son corps. C'était pour le moment son premier but. Il allait tailler les branches mortes de cet arbre une par une, jusqu'à ce que Tom s'en sorte.
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MessageSujet: Re: Illusion (Ch10/...) Yaoi   Lun 16 Fév - 23:31

Un petit pas pour Bill, un grand pour leur relation!!!!
xD
J'aime beaucoup!!!
Suite!!! =)

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MessageSujet: Re: Illusion (Ch10/...) Yaoi   Lun 23 Fév - 21:10

Chapitre 5 :


Il était pressé. Il avait été une vrai pile électrique durant toute la journée, assommant ses camarades et énervant Gustav avec toute une panoplie de questions, toutes plus débiles les unes que les autres et toutes en rapport avec le dreadé bien sûr. Sa première heure de cours arrivait et il y avait pensé pendant toute la soirée et toute la nuit qui avait suivit. Il ne pensait plus qu'à Tom de toute manière. Il n'y avait que lui pour l'obséder à ce point. Il avait d'abord eu peur de ce sentiment franchement bizarre et trop fort, mais il s'en était accommodé maintenant. C'était sûrement ça le coup de foudre...

La journée avait été minable, passant trop lentement, regardant sa montre à chaque instant et les pauses en compagnie de Gustav passant trop rapides. Enfin bref, il ne pensait plus qu'à se dépêcher pour retrouver le dreadé qui, normalement, devait l'attendre chez lui. Il l'espérait de toute ses forces. S'il lui posait un lapin, il ne savait pas comment cela pourrait fonctionner. Il avait beau retourner la chose dans tous les sens, si Tom ne faisait pas d'effort cela serait voué à l'échec.

Il marchait vite, mais plus il s'approchait et plus son pas se faisait lent. Il n'était vraiment pas sûr de ce qu'il faisait, pas sûr qu'il en serait capable, mais la simple idée de voir Tom, de pouvoir passer du temps avec lui et de peut-être l'aider semblait lui donner des ailes. Il n'aurait su expliquer à personne ce qu'il ressentait réellement, ne le sachant pas lui-même, mais Tom était devenu sa raison de vivre. Pas une bonne action qu'on se dit devoir accomplir pour son propre bien, ou encore quelque chose qui lui ouvrirait les porte d'un quelconque paradis, non, c'était bien plus fort que ça.

Il frissonna violemment en se rendant compte qu'il était déjà au pied de l'immeuble du blond. Il n'avait pas vu le temps et les kilomètres défiler tellement il avait été pris dans ses pensées. L'escalier lui semblait interminable et pourtant il n'y avait que trois étages. Peut-être était-ce le fait qu'il avançait tel un escargot, ou alors l'impression que son cœur allait lâcher à chaque marche qu'il grimpait, ou peut-être finalement le rouge à ses joues qu'il sentait lui brûler la peau tellement il était pressé de le revoir.

Il frappa presque timidement contre la porte, n'étant même pas sûr que Tom l'ai entendu, mais il attendit nerveusement. Des bruits dans l'appartement le rassurèrent autant qu'ils le paniquèrent, jusqu'à voir Tom venir lui ouvrir... Torse nu et encore mouillé de la douche qu'il venait de prendre de toute évidence. Bill eu bien du mal à ne pas se lécher les babines à cette vue et se retenir de lui sauter dessus, là, sur le parquet du hall d'entrée. Son cœur qui auparavant lui faisait mal ne battait même plus, il aurait pu en mettre sa main à couper, il venait lamentablement de dégouliner sur le pallier.

_ « Excuse je suis pas prêt, vas-y rentre je me dépêche » L'invita Tom.
_ « Prends ton temps »

La phrase de Bill semblait neutre, mais le ton employé malgré lui le trahissait vraiment et sa déglutition bruyante avait fait se retourner Tom. Le brun en avait rougit violemment et détourna le regard qu'il avait posé avec insistance sur le dos, et maintenant le torse, du dreadé. Tom rit un peu avec un sourire en coin, il avait l'habitude de ce genre de regard, mais là c'était différent. Les autres savaient et ne se privaient pas, quand c'était dans leur moyen, d'acheter les services du blond, mais Bill était différent, bien qu'il ne doutait pas que si l'occasion se présentait le brun ne cracherait pas sur la nourriture.

Tom avait chopé un tee-shirt qui trainait sur le canapé et l'enfila rapidement, se dépêchant de se cacher du regard du brun, insistant et envieux. Il n'aimait pas son corps, mais les autres l'aimaient apparemment suffisamment pour lui. Bill était un peu déçu, les habits larges de Tom cachaient tout, gâchaient tout. Il avait un corps tellement bien fait que Bill ne pût s'empêcher de penser qu'il était dommage de le voiler de la sorte.

Il déposa son instrument dans un coin et suivit le dreadé du regard lorsque celui-ci alla chercher le sien dans la chambre. Bill ne loupa pas le fait que tout l'appart avait été rangé, enfin tout du moins ne trainait plus aucune seringue ni aiguille. Est-ce que l'attention était pour lui ? Il ne put réprimer le sourire naissant sur son visage, c'était pas grand chose, mais c'était déjà un pas pour lui. Tom avait fait un effort pour l'accueillir à peu près décemment et il ne pouvait que s'en réjouir, non ?

Il l'avait déjà vu habillé comme ça, baggy et tee-shirt ou sweat trop grand, mais il ne s'y habituait pas vraisemblablement. Il le fixait, ou peut-être qu'il l'admirait juste finalement, et que avec ou sans vêtement cela serait pareil. Enfin non, pas tout à fait pensa t-il en souriant, attitrant sur lui le regard de Tom.

_ « Qu'est-ce qu'y a ? »
_ « Non, non, rien du tout. » Répondit-il précipitamment en détournant encore une fois le regard.

Il se trouvait vraiment con par moment, il se grillait tout seul, mais le simple fait de voir Tom sourire de sa stupidité et de sa maladresse valait bien cela finalement se dit-il. Tom se positionna sur le canapé avec sa guitare sur les genoux et invita Bill à en faire autant.

_ « Pourquoi tu portes des trucs aussi grands ? » Lâcha Bill complètement dans ses pensées et Tom le regarda un moment avant de répondre.
_ « C'est mon style, je suis toujours comme ça, sauf... Quand je prends ma moto. »

Il avait hésité et Bill n'insista pas, il savait ce qu'il avait faillit dire de toute façon. D'autres questions lui brûlaient les lèvres, mais il se retint, chaque chose en son temps.

_ « Bon on va déjà commencer par voir ton niveau ok ? » Commença Tom pour changer de sujet, il avait horreur de parler de lui.
_ « Ça va pas être long, c'est la première fois que je tiens une guitare dans mes mains. »

Répondit piteusement le brun, honteux de cet aveux. C'était plus que minable pour quelqu'un qui avait soit disant toujours voulu apprendre à jouer, non ? Et cela ne loupa pas, Tom le regarda un peu interloqué, mais ne fit aucun commentaire. Après tout, cela ne le regardait pas, il était juste là pour lui apprendre, rien de plus. Si Bill était près à payer aussi cher, cela ne le regardait pas non plus, c'était pour lui une occasion de gagner de l'argent facilement et convenablement pour une fois. Il n'allait pas s'en priver.

La première heure de cours fut un calvaire pour Bill, mais Tom était si calme et patient qu'il faisait de son mieux pour réussir à assimiler tout ce que le dreadé lui indiquait. Avant même qu'il ne s'en rende compte, il venait de passer deux heures en compagnie du blond. Tom ne semblait pas voir le temps passer non plus, sa guitare étant apparemment le meilleur des remèdes. Bill était content et un peu fier de lui aussi, il tenait peut-être la solution, il l'espérait tout du moins.

Tom riait souvent des bêtises de Bill, de ses grimaces et toutes ses mimiques, de ses plaintes à propos de ses ongles qu'il commençait à abimer sur les cordes et il semblait au brun être en face d'une personne différente, tellement adorable et gentille que c'en était étrange. Ils passèrent encore une heure à parler de tout et de rien, de guitare et de tout un tas d'autre chose aussi. Ils apprenaient juste à se connaître un peu.

_ « Bill je suis désolé mais va falloir que tu t'en ailles maintenant, j'ai des choses à faire. »

Pas besoin de dessin malheureusement, Bill savait ce que Tom allait faire, mais il ne dit rien à ce sujet, se contentant de sourire. Il rangea ses affaires et sortit l'argent de son portefeuille pour payer ses premiers cours.

_ « C'est... C'est trop Bill, tu m'as donné trop d'argent là. »

Le brun avait pu voir l'hésitation chez Tom avant de lui dire. Il avait vraiment hésité l'espace d'un court instant à tout garder, mais non, il n'était pas un voleur, il ne pouvait juste pas voler un 'ami'.

_ « Non c'est bon, c'est pour le temps que tu as passé aussi à m'aider au magasin hier. Je m'en serais jamais sortit tout seul sinon et j'aurai acheté n'importe quoi. » Dit-il en rigolant. Il s'apprêtait à partir, s'avançant déjà vers la porte.
_ « Tu veux... Un café avant de partir ? »

Bill sourit avant de se retourner, Tom avait du temps maintenant ? Ce qui voulait dire que Tom n'allait pas chercher d'autre argent, il en avait assez pour ce soir apparemment et le cœur de Bill fit un bond dans sa poitrine. Ce soir, Tom n'aurait pas besoin de vendre son corps et cette idée soulagea le brun à un point inimaginable. Il avait gagné au moins pour ce soir, au moins la première manche.

Il s'installèrent dans la cuisine avec un café devant eux et une bonne demie heure plus tard des coups furent frappés sur la porte. C'était peut-être un code ou un truc du genre parce que Tom ne se donna même pas la peine de se lever, criant simplement un 'entre' à l'autre bout de l'appartement avant que Gustav ne pénètre dans le logement.

_ « Tiens, qu'est-ce que tu fous là toi ? » Demanda t-il en regardant Bill plus que surpris.
_ « Tom me donne des cours. » Répondit Bill avec un sourire.

Avec un regard lubrique vers son ami, Gustav demanda quel cours pouvait bien donner Tom et se reçu en retour un coup de coude dans les côtes. Ils parlèrent encore un peu tous ensemble avant que Gus ne demande à Tom s'il venait avec lui à la soirée. Bien sûr, Bill ne put s'empêcher de demander et les deux autres baissèrent la tête. Cela devait être une de ses fêtes de débauche où l'alcool et les drogues étaient le centre d'intérêt.

_ « Oh, bon je vais y aller moi, j'ai des cours à revoir pour demain de toute façon. »

Bill avait lâché ça comme ça, pour détendre un peu l'atmosphère qu'il avait sentit s'alourdir d'un coup. Ce sujet semblait être tabou, tout du moins sensible et Gustav de toute évidence ne voulait pas parler de ça avec lui. C'était la première excuse qu'il avait trouvé, mais en réfléchissant un peu, il aurait dit autre chose sans aucun doute. Le lendemain ils n'avaient pas cours. Tant pis, c'était fait de toute façon.

_ « Tu veux venir ? » Demanda Tom après un moment de réflexion.
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MessageSujet: Re: Illusion (Ch10/...) Yaoi   Lun 23 Fév - 21:11

Il n'était pas sûr que ce soit une bonne idée, mais il avait envie de passer plus de temps avec Bill, c'était un mec sympa en fait, mais Gustav le gronda presque instantanément.

_ « Tom ça va la tête ? Enfin... C'est pas contre toi Bill hein » Dit-il pour le rassurer avant de se retourner vers son ami qui n'avait toujours pas relevé la tête. « T'es vraiment pas bien, tu sais très bien qu'il sera pas à sa place là-bas. Tu veux vraiment qu'il voit ça ? »
_ « Non... T'as raison. » Tom était mal à l'aise, il se frottait la nuque et se mordait le piercing. «  Désolé, j'avais pas réfléchi. »
_ « Non, c'est pas grave y a pas de soucis, je dois vraiment rentrer de toute façon. Merci pour le cours Tom, j'ai hâte d'être au prochain »

Il n'était pas sûr, peut-être avait-il mal entendu, mais la façon dont Gustav regardait Tom le rassura. Tom lui avait bien dit « moi aussi ». Il ne lui en fallut pas plus pour être sur son petit nuage, il avait appris à se contenter de peu depuis qu'il connaissait les deux jeunes hommes. Bill s'apprêtait cette fois pour de bon à quitter l'appartement de Tom et celui-ci le reconduisit jusqu'à la porte. Une certaine tension avait l'air d'émaner d'eux, ils semblaient ne pas savoir comment se dire au revoir. Étrange non ? Une simple poignée de main n'est pas difficile pourtant.

Le brun était sur le pallier pendant que Tom était appuyé contre le montant de la porte. Il ne parlait pas suffisamment fort pour que Gus les entende, mais il devinait ce qu'ils se racontaient. Il les trouvait juste stupides. Leur attitude, leur façon d'être, leurs gestes lorsqu'ils étaient ensemble les trahissaient, sans même qu'ils ne s'en rendent compte apparemment. Ça crevait les yeux qu'ils se désiraient, mais Tom ne semblait plus savoir quoi faire dans ce genre de situation. Il ne flirtait plus avec personne, hormis Gustav, depuis bien longtemps et il ne savait même pas si cela pouvait s'apparenter à un flirt d'ailleurs. Il se sentait bien avec Bill et ne se posait pas plus de question. C'était comme le dit l'expression avoir le beurre, l'argent du beurre, mais il ne pensait même pas au cul du crémier. Il pouvait jouer de la guitare tout en gagnant de l'argent et Bill était sympa, mais cela s'arrêtait là.

_ « Merci pour aujourd'hui. » Dit presque timidement le brun.
_ « C'est moi, ça m'a fait plaisir... Et changé les idées aussi. »
_ « Tu sais Tom... Je sais que ça me regarde pas, mais... »
_ « Alors ne le dit pas si tu le sais. » Le coupa Tom, mais pas méchamment pour une fois.
_ « Non, mais... Cette fête... N'y va pas s'il te plait. »

Bill se sentait con, il n'avait aucun droit de lui demander ça, il le savait, mais quoi faire d'autre ? Il s'inquiétait c'était plus fort que lui. L'idée de le savoir dans ce genre d'endroit, à s'en mettre plein le nez ou même se piquer avec des seringues et aiguilles peut-être usagées l'angoissait. Il ne voulait pas qu'il y aille. Il entendit Tom soupirer avant de commencer à refermer la porte.

_ « Fous moi la paix et barres-toi. »
_ « Non attends excuse moi, j'aurais pas dû. Désolé. Je... On se voit demain ok ? »

Le yeux de Bill reflétaient une extrême inquiétude et la main qui s'était interposée pour empêcher la porte de se fermer tremblait de nervosité. Tom le regardait sans savoir quoi répondre alors Bill continua un peu, peu sur de lui.

_ « Pour les cours de guitare... Je reviens à la même heure ok ? »

Sa voix le trahissait et sa façon de se mordre la lèvre encore plus. Il remarqua le regard de Tom s'assombrir et tout son être changer pour une attitude plus froide. Il reculait tandis que le blond s'avançait près de lui, jusqu'à l'acculer contre le mur, une main à hauteur de son visage l'autre déjà sur son entrejambe. Il avait un air tellement arrogant, mais sexy à la fois, tellement hautain, mais dégoûté en même temps.

_ « C'est pour les cours ou pour ça que tu veux absolument me revoir ? »

Bill déglutit péniblement en rejetant un peu la tête en arrière. Il aurait aimé pouvoir se retenir, mais le corps de Tom pressé tout contre le sien c'était trop pour lui, ou peut-être était-ce la main sur sa queue, ou encore sa langue sur son cou et les doigts crispés, serrant ses cheveux avec une violence excitante...

Tom était plus large que lui, plus fort aussi il n'en doutait pas, mais même sans cela Bill n'aurait sûrement jamais eu l'idée de le repousser. Oui, il devait l'avouer, il voulait le revoir pour ça aussi, mais pas principalement. Il commençait à se laisser aller dans les bras de Tom, dans l'étreinte qu'il lui imposait et c'était divinement bon. Le dreadé était habitué c'était sûr et peut-être était-ce cela finalement qui réveilla Bill, le fit réaliser. Il le repoussa un peu, autant qu'il le pu en tout cas, car il bandait comme un malade. Il crevait d'envie de continuer et hoqueta un peu en sentant l'érection déjà dur de Tom contre sa cuisse, frotter son aine et venir remplacer la main qui avait attisé le désir de Bill sur son propre sexe. Il gémit, mais fut encore plus surpris par le baiser que lui infligea Tom. Sa langue s'enroulait déjà avidement autour de la sienne et c'était tellement bon qu'il avait dû mal à croire que le blond était en train de se forcer. Il le sentait tout aussi excité que lui, tout aussi demandeur que lui, tout aussi frustré que lui d'arrêter là, mais il se recula tout de même, laissant Bill complètement pantelant et tremblant contre le mur.

_ « Ok, j'ai compris. Laisse tomber les cours et casse-toi. » Lâcha Tom, faisant retomber Bill sur terre avec un atterrissage catastrophe.
_ « Non, t'as rien compris du tout Tom. » Tenta-t-il de se défendre.
_ « T'as vu dans quel état tu es ? »
_ « Tu n'es pas mieux que moi apparemment Tom. »

Bill lui avait coupé la parole et Tom ne pouvait juste rien y répondre, c'était la vérité. Il baissa la tête, souffla un coup et posa ses mains sur ses hanches. Il ne comprenait pas trop pourquoi il réagissait de la sorte. Peu importe pourquoi Bill voulait les cours, il le payait suffisamment cher pour avoir ses fantasmes et même pour les assouvir s'il arrondissait encore un peu la somme, mais bizarrement le dreadé ne voulait pas, pas avec lui. Tom reprit la parole.

_ « Ok, tu reviens demain pour les cours, mais le reste oublie, y aura que dalle entre nous. Jamais. C'est clair ? » Lui dit Tom d'un ton presque agressif.
_ « Très clair. De toute façon y a aucun risque puisque j'achète jamais mes coups... Et franchement t'es pas irrésistible non plus... A demain. »

Bill regrettait déjà ses mots, mais c'était trop tard, ils étaient sorti. Il semblait sûr de lui, n'hésitant pas une seconde à répondre, mais au fond de lui c'était une autre histoire. Il ne comprenait pas Tom, ne comprenait pas son comportement envers lui. Il semblait avoir envie de lui, mais ne se laissait pas aller. Il semblait vouloir être ami ou même plus, mais ne se laissait approcher que pour mieux reculer.

_ « Ok, c'est parfait alors. » Répondit Tom entre le franchement coléreux, le blessé et le vexé.

Bill était content de l'avoir fait réagir, mais voyait bien que ce n'était pas forcément le truc à dire. Tom lui en voulait de lui rappeler que oui, il n'était qu'une pute. Qu'une vulgaire pute droguée jusqu'à la pointe de ses dreads. Il avait tapé là ou ça fait mal et s'en voulait, mais au moins, il restait à ses côtés... Pour le moment.

- - - -

Bill avait hésité à revenir le lendemain pour son cours, ne sachant comment Tom allait l'accueillir. Il avait été minable la vieille et lui avait dit des choses horribles sous le coup de la colère. Il voulait s'excuser, mais ne savait pas s'il devait le faire maintenant au risque de tomber sur un Tom encore furieux ou attendre que le week-end finisse pour le revoir en cours. Laisser trainer les choses n'était pas dans ses habitudes, mais il flippait un peu des réactions du blond. S'il le rejetait, s'il ne voulait plus lui donner de cours, s'il ne voulait même plus entendre parler de lui, cela était possible avec ce qu'il lui avait balancé en pleine tête. Certes ce n'était que la vérité, mais toute vérité n'est pas bonne à dire comme on lui avait souvent répété.

Il était resté un certain temps planté devant la porte du dreadé, hésitant entre frappant et partir les jambes à son cou, mais n'était-il déjà pas trop tard pour faire marche arrière et tout oublier ? Bien sûr que si. Il l'avait déjà dans la peau, ancré au plus profond de son être et même si son esprit lui disait de fuir le plus loin possible, tout le reste de son corps et de son âme lui hurlait de cogner de toutes ses forces contre cette porte jusqu'à ce que Tom daigne lui ouvrir pour entendre ses excuses.

Son corps avait choisit pour lui car déjà sa main tambourinait en rythme, sans relâche, s'en faisant presque mal. Combien de minutes frappa t-il ainsi la pauvre malheureuse avant que le moindre bruit ne se fasse entendre dans l'appartement ? Il ne le savait pas, n'en avait même pas un semblant d'idée, tout ce qu'il réussissait à comprendre était les pas lourds qui résonnaient de l'autre côté de la porte.

_ « Ouais, ouais, c'est bon j'arrive... »

La voix de Tom était éraillée, à peine réveillée. La porte s'ouvrit et le dreadé n'avait même pas prêté attention à celui qui venait de le sortir de son sommeil... Sans doute pensait-il qu'il s'agissait de Gustav. Il se dirigeait vers la cuisine, s'affairant déjà à faire chauffer de l'eau pour le café. Il était face à la gazinière, sa main le soutenant un peu. La nuit devait avoir été longue vu son état. Il se frottait la nuque pour se détendre et soupirait bruyamment en passant sa main devant ses yeux pour se réveiller.

_ « T'en veux un ? » Demanda t-il en se sortant une tasse.

Bill aurait aimé ne pas répondre pour que Tom ne devine jamais que c'était lui et non son meilleur ami qui était présent, mais c'était juste impossible. Il lâcha un timide « s'il te plait » en guise de réponse et le blond se retourna aussi vivement que son mal de crâne le lui permettait. Il resta planté là et Bill n'en loupa pas une miette, ne pensant même pas à se faire discret pour le coup. Tom juste en boxer était foutrement bandant et il n'était pas sûr de revoir ce spectacle avant un long moment, voire même jamais. Il se mit à rougir comme une jeune pucelle et se mordit la lèvre. S'il s'était écouté il lui aurait déjà sauté dessus et ôté tous ses vêtements... Enfin son seul vêtement, et l'idée tournait en boucle dans sa tête, faisant tambouriner son cœur et accélérer son souffle. Il le sentait mal, très mal.
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MessageSujet: Re: Illusion (Ch10/...) Yaoi   Mar 24 Fév - 20:10

O_O!!!
Tin ça me souale, d'habitude j'ai tout pleins de commentaires à faire et là, cette fic me laisse sans voix!!!
Juste c'est trop bien!
(Et encore ça va pas...c'est génial qui irait mieux!!)
Bref, ma gueule et SUITE!!!!! =]

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MessageSujet: Re: Illusion (Ch10/...) Yaoi   Ven 6 Mar - 12:16

Chapitre 6 :


Le regard de Bill brûlait le corps de Tom, l'enveloppait dans un voile de chaleur étouffant et le torturait sous son désir incontestable. Le blond avait l'habitude de ce genre de chose, c'était son gagne-pain, mais cette fois c'était différent, totalement hors contrôle. Il ne l'avait pas voulu, pas cherché, pas provoqué. Cette soudaine nudité le gênait, lui qui pourtant vendait son corps se sentait intimidé, pudique et mal à l'aise devant Bill.

Les yeux du brun couraient sur la peau bronzée, s'attardant sur chaque détail, chaque grain de beauté, chaque cicatrice. Il le bouffait du regard, détaillant chaque muscle, chaque frisson, détectant chaque bleu, chaque éraflure et Tom se sentait presque violé par cette invasion dans sa vie, dans son intimité, par cette intrusion dans sa douleur et sa dépendance... Bill constatait chaque trace de piqûre, chaque hématome, chaque veine trop souvent malmenée.

Le temps avait semblé s'arrêter l'espace de longues minutes, incessantes secondes qui paralysaient l'esprit et le corps du dreadé. Il aurait voulu bouger, éviter le regard accusateur, échapper à toute cette pitié qu'il lisait dans les yeux de Bill et se dérober, s'enfuir loin, vite et ne jamais revenir. Il aurait aimé que Bill se détourne, baisse le regard, détourne les yeux et soit gêné au moins autant que lui, assez pour laisser à Tom le loisir de se reprendre et esquisser le moindre geste, entamer une ébauche de mouvement, mais rien, juste ses yeux sur lui, ne le quittant pas, le dévisageant, l'observant, le fixant, le contemplant.

Tom restait là avec son immobilité flagrante, son incapacité à réagir, tétanisé par le regard de Bill, pas froid, pas méprisant, pas même un soupçon de dégoût, c'était encore pire... Remplit de peine, de doute et d'apitoiement.

Les poings de Tom se serraient, attisés par l'envie d'envoyer valser le brun, de lui faire tourner la tête de force, qu'il baisse les yeux et arrête de le regarder de la sorte. Pourquoi avait-il espéré ? Pourquoi avait-il voulu y croire ? Croire que Bill était différent et qu'avec lui les choses auraient pû être autrement. C'était toujours la même musique, il faisait un pas en avant pour en faire deux en arrières la seconde d'après, il montait une marche pour dégringoler tout l'escalier la minute qui suivait, il faisait confiance pour toujours mieux se ramasser ensuite. Il aurait dû le savoir, les choses ne changent jamais. Il n'aurait pas dû y croire, mais finalement il s'était fait des films tout seul, personne ne lui avait jamais rien promis.

Ce fut seulement lorsque leurs yeux se croisèrent que Bill réalisa son erreur, mais il était trop tard. Tom passa à côté de lui, lui martyrisant l'épaule au passage, ne lui accordant aucun regard et s'enferma dans sa chambre, claquant la porte sûrement de toutes ses forces.

Tous les noms d'oiseaux que connaissait Bill ne suffisaient pas pour s'injurier mentalement. Il avait été le pire des idiots et avait foiré en beauté là. Il avait d'abord regardé Tom car il le trouvait incroyablement beau et sexy, foutrement bandant et furieusement baisable. Il s'était imaginé lui faire un tas de chose, faire réagir son corps et lui faire hurler son nom, le faire gémir de plaisir et de frustration, le faire crier de désir et de satisfaction, faire trembler son corps, frissonner sa peau, bander son sexe et faire battre son cœur si fort qu'il en aurait souffert de délice.

Puis, les images d'extases s'étaient peu à peu modifiées, laissant place à la dure réalité, la drogue, la prostitution et l'idée qu'il se faisait de Tom s'était délabrée en un temps record. Il avait réalisé avec souffrance l'évidence, l'exactitude, le concret de la vie du blond. Les bleus sur sa peau, les traces sur ses hanches, la brutalité sans équivoque de ses nuits, de ses clients... Un violent frisson lui remonta l'échine et il sentait ses lèvres se déformer sous la peine, sous l'horreur de ses chimères qui s'envolaient, le laissant seul avec la vérité crue.

Il se trouvait idiot, puérile, stupide d'y avoir cru un instant, avoir songé qu'il pouvait l'aider, lui qui ne connaissait rien à ce monde, lui qui ne vivait pas dans cette souffrance et qui ne savait rien de ce type, de celui qu'il était pourtant persuadé d'aimer. Ses poing crispés, ses ongles lui rentrant dans la peau, les articulations lui faisant mal d'être ainsi traitées, son corps entier tremblant, parcouru de spasmes, se soulevant irrégulièrement, la tête baissée et les larmes amères coulant le long de son visage, s'écrasant lourdement et misérablement sur le sol ; il aurait voulu crier, s'excuser, lui hurler qu'il ne le laisserait pas, qu'il ne l'abandonnerait pas, qu'il l'aiderait quoiqu'il lui en coûte, mais quand la porte claqua derrière lui, le laissant juste entendre les pas de Tom qui s'éloignait, il ne put rien dire, rien faire, rien tenter, rien oser hormis s'écraser mollement et lamentablement sur le carrelage de cette foutue cuisine.

Il ne compta pas les heures qu'il passa là à l'attendre, ni même tous les sursauts qu'il avait fait en pensant que le bruit qu'il entendait était Tom qui rentrait enfin, il ne réalisa même pas à quel moment le soleil se coucha, juste il se réveilla en pleine nuit, assit, ou plutôt vautré sur le lit du blond, les jambes repliées contre son torse. Il avait fini par aller se mettre sur le canapé à un moment, mais il avait eu froid, avait cherché des couvertures, mais s'était laissé envahir par l'odeur de Tom, par son parfum dans les draps et s'y était vautré, se laissant tomber à plat ventre avant de finir par se rouler en boule alors qu'il avait recommencé à pleurer. Il se trouvait pathétique, mais il ne pouvait rien faire d'autre. Pleurer l'aidait à évacuer, ou peut-être était-il juste faible après tout.

Il avait tellement attendu, tellement espéré, tellement paniqué à l'idée qu'il ne rentre pas seul, tellement réfléchi à ce qu'il lui dirait, qu'il s'était écroulé de fatigue, n'entendant même pas les pas dans l'appartement, les bruits dans la cuisine, ni même le corps qui s'allongeait à côté du sien.

Lorsque les premiers rayons du soleil lui réchauffèrent le corps, Bill commença à bouger un peu, ne se rappelant d'abord de rien, ni du lieu ni de la soirée qu'il avait vécu, mais bien vite en sentant la chaleur tout contre lui, il réalisa et tous les souvenirs lui donnèrent envie de vomir. La présence de Tom, son corps collé au sien, son souffle presque sur sa peau, son odeur s'infiltrant dans ses narines, presque tout chez lui l'apaisait instantanément, mais cette nausée persistante, désagréable et qui tendait à s'aggraver un peu plus à chaque instant le força à se lever. Il se dégoûtait juste, il avait fait exactement ce qu'il s'était juré de ne pas faire, de ne pas montrer, de ne pas penser et au lieu d'aider Tom il l'avait juste enfoncé un peu plus.

Il avait imposé à Tom une image de lui peu valorisante, peu glorieuse, peu envieuse et pitoyablement réaliste. Il l'avait forcé à voir ce que les gens pensaient de lui et bien sûr Tom le savait déjà, il n'était pas dupe et loin d'être idiot, mais se voir juger dans le regard des gens, dans le regard de Bill, lui avait fait mal, peut-être plus qu'il ne voulait se l'accepter.

Il avait beau être accro, complètement blindé les trois quart du temps, il n'en restait pas moins étrangement lucide. Il était parfaitement conscient de tout ce qui l'entourait, il ne se faisait plus d'illusion sur beaucoup de choses et la drogue ne lui procurait plus les mêmes sensations qu'avant... Il en était juste totalement dépendant.

Bill le regarda dormir un long moment. Il était triste et heureux à la fois. Triste parce que Tom ne se laisserait peut-être plus aussi bien approcher, parce qu'il lui avait fait du mal et c'était la dernière chose qu'il voulait. Heureux parce que Tom était là à côté de lui, peut-être ne lui en voulait-il pas autant que ça finalement.

Tom était allongé sur le lit et Bill réalisa. Il avait dû se coucher complètement défoncé, peut-être même n'avait-il pas remarqué que quelqu'un dormait à côté de lui.. Il avait dû juste se laisser tomber là, presque inconscient, son corps faisant les mouvements que son esprit n'était plus capable de lui dicter. Bill resta là à le regarder, continuant de l'examiner. Il portait les mêmes vêtements que la veille, seule sa casquette avait disparu. Il imaginait ce qu'avait dû être sa soirée sans réellement savoir, sans réellement vouloir en avoir les détails. Il lui semblait que Tom avait l'air de plus en plus fatigué, de plus en plus... Sans vie ? Il paraissait triste et... Mais que pouvait-il bien en savoir ? Il ne le connaissait pas après tout. Peut-être était-ce son tempérament, peut-être était-ce sa vraie personnalité, peut-être que celui qu'il avait cru trouver n'était qu'un leurre, qu'un rêve, que ce Tom dont-il était tombé amoureux n'existait pas finalement.

Le blond commençait à remuer dans le lit, son sommeil s'agitant de plus en plus. Il semblait cauchemarder, mais Bill restait immobile, ne sachant pas vraiment s'il devait le réveiller au risque de se faire virer à coup de pied au cul. Puis, lorsqu'il crut apercevoir une larme il ne se posa plus de question, ne posa plus le pour du contre et se contenta de secouer doucement le dreadé. Celui-ci sursauta, entrainant avec lui la surprise de Bill qui faillit tomber du lit tellement il s'était reculé rapidement, mais la chute n'aurait de toute façon pas été trop douloureuse vu qu'il n'y avait qu'un matelas posé à même le sol.

Tom s'était assit et frottait son visage pour y faire disparaître la sueur, les pleurs et la peur, tout en soupirant fortement. Il se leva et disparu de la pièce sans même un regard pour le brun. Bill avait parfaitement interprétée le message. Il se rhabilla convenablement et passa rapidement les mains dans ses cheveux pour se redonner un visage humain. Il regarda autour de lui pour s'assurer de n'avoir rien oublié et il lui semblait dire adieu à quelque chose de très précieux, de trop précieux pour pouvoir l'abandonner.

Il s'avança timidement et avec crainte vers la cuisine, il voulait au moins lui dire au revoir et il resta complètement stupéfait alors qu'une tasse de café fumant l'attendait sur la table. Il ne croyait pas cela possible, étant persuadé d'avoir écoulé son stock de larmes pour au moins deux années entières, mais il devait se rendre à l'évidence, des gouttes d'eau salées roulaient le long de ses joues et silencieusement il les essuya avec sa manche. Il se sentait soulagé, débarrassé d'un poids énorme qui avait élu domicile sur ses épaules depuis plusieurs jours maintenant. Non, il n'était pas le seul à sentir ce truc étrange et trop fort pour pouvoir le contrôler.

Tom était face à la fenêtre, lui tournant le dos et attendait quelque chose. Que Bill parle, qu'il s'installe, qu'il parte ? Bill ne le le savait pas alors il attendit. Lorsque le blond se retourna pour lui faire face, il ne baissa pas le regard, fixant Bill malgré ses yeux rouges et cernés.

_ « Qu'est-ce que tu veux savoir ? »

Demanda Tom et sans même y réfléchir, Bill lâcha rapidement un « tout » en guise de réponse. Le blond ne put s'empêcher un petit rire.

_ « Ok, ça risque d'être long alors, j'espère que t'es pas pressé. Je suis né aux Etats-Unis il y a 22 ans... »
_ « Américain ? » Le coupa Bill surpris. « Je savais pas. »
_ « Bah maintenant si » Reprit Tom « J'ai jamais été battu, ou méprisé, ou tout autre chose du genre qui aurait pu me faire plonger dans la drogue. Mes parents ne sont même pas pauvres, ni toxicos. Ma mère n'est pas une pute qui n'aurait pas su dire qui était mon père... Rien de bien excitant en somme. Je fais pas un drogué très intéressant hein ? »
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MessageSujet: Re: Illusion (Ch10/...) Yaoi   Ven 6 Mar - 12:17

Bill se contenta de sourire un peu tristement pour laisser Tom continuer alors qu'il s'asseyait en face de lui.

_ « J'avais dix ans quand on a déménagé pour venir habiter ici et j'ai rencontré Gus. On était toujours fourrés ensemble à faire nos conneries... »

Les yeux de Tom semblaient pétiller de nostalgie à ses souvenirs, cela semblait être la bonne époque.

_ « ... Et pendant que sa mère lui hurlait dessus à s'en péter les cordes vocales, je m'en souviens encore, je pouvais presque l'entendre de chez moi... »

Tom riait sincèrement, il devait énormément aimer cette famille, le mère de Gus et tous les souvenirs qui s'y rattachaient.

_ « ...Mes parents eux n'étaient juste pas là, jamais. Dès tout petit on m'a clairement fait comprendre que j'étais pas désiré et que je les faisais chier en somme. J'étais pas prévu dans leurs programmes, dans leurs plans de carrières, dans leurs vies alors ils m'ont laissés de côté et je me suis efforcé de les oublier du mieux que j'ai pu... Et tout à fini par dérapé. On s'est entrainé mutuellement avec Gus. Au début, y avait rien de bien méchant, on délirait, fumait et buvait sûrement un peu trop, mais quand la mère et la petite sœur de Gustav sont mortes dans un accident de voiture et qu'il s'est retrouvé tout seul... Là on a vraiment déconné, dérapé grave. Pour la suite je te fais pas de dessin ? On a juste pas su quand et comment s'arrêter. »

Tom regardait vaguement sa tasse de café qui maintenant ne fumait plus du tout. Il réfléchissait, se rappelait des souvenirs; ceux qu'il avait pourtant essayé si fort d'oublier. Il se mordait la lèvre en jouant un peu trop nerveusement avec son piercing et faisait tourner sa tasse entre ses mains pour s'occuper.

_ « Bande de crétins » Lâcha Bill et Tom rit un peu avec lui.

Ils avaient besoin de se détendre un peu et soulager l'atmosphère pesante après ces révélations et sans même savoir pourquoi ils continuèrent à rire jusqu'à se retrouver complètement pris dans un fou rire incontrôlable.

_ « Arrête putain Bill c'est pas drôle merde... » Tenta Tom en se tenant le ventre qui en devenait douloureux. « T'es trop con vraiment. »
_ « Je sais. » S'excusa le brun entre deux rires.

Il aurait pu en pleurer de toute cette histoire, ils avaient tellement souffert apparemment Gus et lui, mais le fait était qu'il était heureux. Heureux parce que Tom lui avait tout raconté et cela était la plus belle preuve de confiance et d'amitié qu'il pouvait espérer.

_ « C'est pour ça que Gus s'en veut ? » Demanda-t-il enfin après avoir repris un peu son sérieux.
_ « Ouais, il pense qu'il m'a entrainé, ou un truc du genre... »
_ « Parce qu'il t'a offert ta première dose. »

Tom savait maintenant que Gus s'était déjà confié à Bill et qu'il avait déjà du lui révélé quelques parties de leurs vie, sans entrer dans les détails cependant.

_ « Ouais, parce qu'il m'a offert ma première dose, mais je n'ai même pas pensé une seule seconde à la refuser à l'époque alors qu'on tombait, y en a pas eu un pour rattraper l'autre. Il ne m'a pas entrainé, on s'est poussé mutuellement dans cet enfer. »

- - - -

Un mois venait de passer depuis les révélations que Tom avait faite à Bill. Les choses n'avaient pas réellement changé cependant, les deux jeunes hommes se voyaient presque tous les jours pour les cours de guitare, Bill progressant piteusement, mais persévérait tout de même. Ils se parlaient de tout et de rien, n'ayant plus vraiment abordé le sujet sensible. Tom s'était confié une fois, mais il semblait qu'il ne le ferait plus, il n'avait même pas daigné lui expliquer pourquoi il l'avait fait. Il n'était pas sûr d'en avoir besoin de toute façon.

_ « T'es sûr que tu veux vraiment apprendre la guitare Bill ? » Demanda t-il alors que le brun était plus que distrait.
_ « Oui, bien sûr pourquoi ? » Paniqua t-il.
_ « T'es pas dedans là, tu t'en fous et franchement... T'es nul ou alors je suis un très mauvais prof et dans ce cas je t'escroque. »
_ « Non, non je veux vraiment apprendre et je veux que ce soit toi qui continues à m'apprendre, je suis nul c'est un fait, mais je fais ce que je peux non ? Alors où est le problème ? »
_ « Le problème est que tu me paies une vraie fortune et que tu progresses aussi vite qu'une limace. Vu tout ce que tu me donnes, t'es en droit de désirer un prof plus qualifié que moi... »
_ « C'est toi que je désire. »

Tom l'avait regardé, arquant un sourcil tandis que Bill devenait cramoisi, sentant presque la fumée s'échapper de ses oreilles tellement il avait chaud à cause de la honte.

_ « Non, enfin... Non, c'est pas ce que j'ai voulu dire, je te veux comme prof c'est tout. Rien de plus... » Se justifia t-il complètement paniqué et stressé et rouge et bégaillant, enfin tout ce qui pouvait le discréditer totalement.
_ « Dommage alors. »

Tom avait sourit, il se contentait de jouer un peu avec Bill et cela durait depuis quelques temps déjà, mais cela faisait toujours le même effet sur le brun. Il en restait sur le cul.

_ « Où est-ce que tu trouves cet argent d'abord ? »

Le monde sembla se dérober sous les pieds de Bill et il ne savait pas quoi répondre. Il y avait bien sûr songé un tas de fois, recherchant la réponse qui passerait le mieux, mais à chaque fois il n'avait rien trouvé de franchement plausible.

_ « T'es un gosse de riche ? »
_ « Non, pas vraiment et mes parents sont morts tous les deux il y a longtemps. »
_ « Oh, désolé... Et... De quoi ? »
_ « Ils sont morts dans un accident d'avion. Ils étaient chercheurs tous les deux et... »
_ « Chercheurs ? Comme, chercheurs d'or ? » Tom tentait de plaisanter un peu, il n'aimait pas les sujets trop tristes, trop morbides, trop sensibles et Bill rit avec lui.
_ « Non, chercheurs en médecine en fait. Ils étaient partit pour l'Afrique à cette époque et... »

Son regard croisa celui de Tom et il n'était pas sûr de devoir continuer son explication.

_ « Et quoi ? »
_ « Ils cherchaient un vaccin contre le sida. » Finit-il.
_ « Oh ! D'où ton intérêt pour les toxicos ? »
_ « Non, avant toi en fait j'en avais un peu rien à foutre. J'ai juste voulu faire médecine, peut-être en souvenir d'eux. »
_ « Peut-être que si mes parents étaient morts finalement j'aurai voulu faire connard comme eux... »

Ils se mirent tous les deux à éclater de rire, ce n'était sûrement pas drôle, enfin pour la plupart des gens, mais ils avaient souvent un humour décalé et se comprenaient plutôt bien pour ça. Des fois Gus les suivait dans leur délire, mais pour le reste, pour le commun des mortels, ils passaient juste pour deux débiles profond.

Ils parlèrent encore un moment, de tout et surtout de rien, laissant le temps s'effiler lentement et le soleil peu à peu se coucher. Ils pensaient vraiment qu'ils étaient bien ensembles et savaient que cela semblait réciproque. Ils ne se posaient que peu de questions, préférant de loin l'étrange atmosphère qui régnait entre eux. Ils se sentaient juste bien ensemble et ne voulaient pas compliquer les choses avec un passé, une histoire, trop triste, trop écœurante de sentiments.

Le temps semblait s'étioler en de longues heures qu'ils parvenaient toujours à combler de manière plaisante. Jouer, chanter, même danser et Bill avait découvert que Tom dansait foutrement bien. Il l'avait déjà vu en boite, mais là, dans la pénombre d'une chambre vide, c'était tout autre... Ce n'était que pour lui et il n'en loupait rien, savourant chaque mouvement, chaque effluve du parfum de Tom, chaque frôlement qu'ils échangeaient parfois.

Ils flirtaient presque, enfin pour Bill c'était ça en tout cas, mais Tom n'était même plus capable de savoir ce que cela était. Il se sentait juste bien, vivant, en compagnie du brun et il appréciait alors chaque seconde de ce temps si précieux pour lui.

_ « On continue un peu ? » Demanda Bill regardant Tom avec une lueur d'espoir non dissimulée.

Le dreadé avait reposé sa guitare depuis longtemps et il n'avait même plus pensé au cours qu'il devait normalement donner pour gagner sa soirée. En regardant l'heure, il paniqua et fit frissonner Bill par la même occasion. Ils n'avaient presque pas travaillé sur l'instrument, s'étant contenté de parler et Bill ne doutait pas... Tom flippait pour l'argent qu'il lui manquait sans aucun doute pour sa soirée, pour son shoot.

_ « Non, je... Ça va pas être possible là, je dois... Je dois y aller là. »

Il n'avait pas besoin d'essayer de le cacher, il en était de toute façon incapable. Il détestait ce sentiment, il détestait cette vie, il détestait ce corps, il détestait ce 'boulot'. Bill le sortit de ses pensées en lui proposant quelque chose que Tom était tout aussi incapable de refuser...
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MessageSujet: Re: Illusion (Ch10/...) Yaoi   Sam 7 Mar - 0:42

...
Tu es cruelle...
En plus c'est trop facile!!!
Ca se passe trop bien là, c'est pas normal!!!
Tu crois que je vais me faire avoir!!!!!!
Mdr!!
Mais c'est bien, ils ont vachement avancé dans ce chapitre!!!!!
Bon aller, Suite!!!!!!
=)

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MessageSujet: Re: Illusion (Ch10/...) Yaoi   Mar 10 Mar - 23:04

Chapitre 7 :

Bill avait sentit son sang se glacer, son cœur s'arrêter, sa bouche s'assécher et ses mâchoires se crisper si violemment que ses dents en avaient grincé. Il n'avait pas une fois regardé l'heure, pas une fois réfléchit à ce qui allait se passer, pas une fois imaginé que tout l'argent qu'il lui avait donné était déjà partit en fumée. Il devait trouver un moyen pour que Tom n'ait pas à aller dans la rue, rapidement. Son esprit cogitait si vite qu'il n'avait même pas fait attention au fait que Tom s'était changé. Il venait de louper une occasion de le mater, mais cela l'importait guère pour le moment.

_ « Au fait Tom, j'avais pensé à un truc » Commença t-il sans vraiment sans rendre compte. «  Ce serait plus facile pour moi de te payer les cours à la semaine plutôt que tous les jours comme ça »

Cela semblait marcher, tout du moins Tom le regardait et attendait la suite avec curiosité.

_ « Mais bon, cela signifie que tu pourras pas me dégager même si tu trouves que je suis trop nul. » Lâcha Bill pour détendre l'atmosphère. « Je pourrais te payer ce soir et venir ici tous les jours plutôt que de fixer les rendez-vous au jour le jour. »

Bill savait parfaitement que ce qu'il proposait était à double tranchant. Cela évitait au blond de faire le trottoir ce soir, mais lui permettait aussi, avec une tentation énorme et les fonds évidents, d'augmenter ses doses journalières. Bill espérait que Tom pourrait éviter cela, mais n'en était même pas sûr. S'il décidait, ou plutôt s'il ne pouvait contrôler son besoin et qu'après cela il ai encore besoin de plus d'argent ? Bill n'osa se poser d'avantage de questions. Il préférait, depuis qu'il connaissait le dreadé, fonctionner au jour le jour et parer les problèmes quand ils se présentaient, un à un.

Les choses n'avançaient pas comme il le voulait. Il avait réussit en partie à ce que Tom ne se vende plus, mais il ne savait vraiment pas comment faire pour le sortir de la drogue. Il espérait chaque jour qu'un miracle se produirait, attendant un déclic ou une évidence. Oui, il voulait croire au père noël encore et imaginer un quelconque dieu bienfaiteur. Il rêvait à un futur ou Tom serait enfin libre et si possible, amoureux de lui. Pourtant Gustav l'avait prévenu. Dès le début il lui avait dit, il l'avait mis en garde.

_ « Ne tombe pas amoureux de lui Bill. Tu vas souffrir, tu vas t'en mordre les doigts et regretter. Tu vas te détruire si tu te mets à l'aimer. » L'avait averti Gus dès les premiers jours, dès qu'ils avaient tissé un lien particulier qui les avait fait devenir amis sûrement bien trop vite pour pouvoir se méfier. «  Il pourra rien te redonner en retour à part de la peine. Tu sais que je l'aime plus que tout, mais c'est pas un mec pour toi. »

Bill avait simplement répondu un « je sais » avec un sourire triste. Que pouvait-il faire de plus ? L'abandonner n'était pas une option, le laisser et l'oublier lui était impossible et faire comme si de rien n'était et le laisser se détruire le bouffait encore plus que la drogue ne rongeait Tom. Alors Gus avait laissé tomber, lâché l'affaire et le soutenait comme il pouvait, autant qu'il pouvait, ce qui se résumait à peu de chose en fin de compte.

Bill repensait à ce jour là où Gustav avait essayé de le freiner. Il regardait ses mains se triturer nerveusement l'une l'autre et devait admettre la réalité, faire face à l'inévitable. Le jour allait arriver où il n'aurait plus les moyens de payer ses cours de guitare, plus les moyens d'éviter à Tom le trottoir. Le jour où toute sa petite et dérisoire fortune allait disparaître, que lui resterait-il comme option ?

Tom le sortit de ses pensées en se raclant la gorge nerveusement. Il était appuyé contre le mur, les mains dans ses poches serrées. Son jean était l'un de ces pantalons qui lui allaient tellement bien et qu'il ne portait que trop rarement au goût du brun, mais Bill préférait de loin qu'il ne les remette jamais car leur signification le blessait amèrement.

Chez lui, quand il était cool et relax, quand il était sobre ou alors que son shoot remontait à quelques heures, il s'habillait toujours large et décontracté comme il aimait, avec ses baggys et ses tee-shirt ou trois personnes pouvaient se glisser avec lui. Avec le temps Bill avait réussit à faire la part des choses et à découvrir et reconnaitre ce changement de style. De ce fait, il savait maintenant qu'au contraire, lorsque Tom était habillé de la sorte, sexy et affolant tellement il était bandant, vêtements serrés, tee-shirt blanc, dreads relâchées, c'était au choix qu'il allait gagner de l'argent grâce à son corps, ou alors qu'il allait acheter ses doses en moto pour éviter les flics qui pouvaient éventuellement le prendre en chasse.

Il était encore à cet instant en débardeur blanc et s'apprêtait à enfiler un pull. Bill laissa son regard parcourir la finesse de son torse musclé, les courbes de ses bras puissants, la largeur de ses épaules et le tressaillement de sa veine gonflée, juste là, dans son cou, palpitante et tentante, appelant la langue de Bill à venir la caresser délicatement et sensuellement. Il s'y voyait déjà, goûtant la peau fine du blond, se délectant de son odeur et savourant sa douceur. Il s'imaginait perdre le contrôle, enfonçant ses doigts dans la chevelure dreadée. Il s'inventait de doux gémissements au contact des bras du blond qui l'enserraient avec force et tendresse, avec envie et amour. Il se fabriquait des images où Tom l'embrassait avec douceur et passion. Il se rappelait la chaleur humide de sa langue tout contre la sienne, dansant frénétiquement dans sa bouche, dominant la sienne et lui imposant un rythme parfait. Il se fabriquait des rêves où Tom l'entrainait dans la chambre, le déshabillant avec fougue et où ses mains retraçaient chaque ligne de son corps. Il fantasmait constamment sur Tom, de façon totalement hors contrôle et systématique. Dès qu'un bout de peau halée se montrait, dès qu'une main le frôlait, dès qu'un souffle le chatouillait, dès qu'un murmure l'envoutait et dès qu'un regard le brûlait.

_ « Je... Je suis pas sûr pour les rendez-vous tous les jours Bill. »

Le brun sursauta en sortant soudainement de ses doux rêves. Il avait, l'espace d'une seconde ou peut-être même beaucoup plus finalement, oublié ce qui se tramait maintenant. Tom avait l'air confus, gêné et embêté. Confus de devoir refuser une offre qui de toute évidence l'arrangeait au plus haut point. Gêné sans doute du regard affamé qu'il avait sentit sur lui et embêté car il ne savait comment lui dire la vérité sûrement.

_ « Je... Heu, c'est sûr que... » Bill cherchait ses mots, mais aussi à retrouver le fil de la conversation qu'il avait perdu depuis un moment. « Ok, je vais pas te mentir, je veux des cours bien sûr, mais je veux aussi t'aider alors pendant trois heures chaque jour, du moment où j'arriverais et jusqu'à ce que je reparte je te veux clean. »

Il merdait, il le savait, il allait le faire fuir, il avait perdu, il avait déconné. Jamais il n'aurait dû lui sortir ça. Jamais il n'aurait dû le mettre ainsi devant la difficulté, lui imposer une close. Il tremblait d'angoisse, de peur que tout s'arrête, qu'on le mette dehors sans ménagement pour s'être ainsi invité dans son monde et dans sa vie, pour avoir squatté une place qui ne lui avait jamais été proposée, celle d'ami, celle de soutien, celle d'aide.

Le corps de Tom s'était raidit d'un coup, tendant tous ses muscles de façon douloureuse. Il ne s'était pas attendu à ça, n'avait jamais envisagé une telle chose. Bill lui proposait son aide certes, mais lui imposait des règles. Rester clean ? Cela impliquait ne pas être stone et ne pas être en manque. En était-il capable pendant trois heures sans en perdre la tête et ses moyens ? Bill savait que oui bien sûr, il l'avait déjà fait plusieurs fois avec lui à ses côtés, sans même s'en rendre compte alors qu'ils parlaient et jouairnt, mais le faire sciemment ? En était-il capable sans ressentir le besoin cuisant de se shooter dans la foulée ? Bill l'ignorait et Tom aussi vraisemblablement. Il semblait paniqué, semblait vouloir accepter, mais ignorait s'il serait capable de s'y tenir. Il voulait essayer, mais ignorait les conséquences s'il échouait. Et plus que tout, jamais on ne lui avait imposé une telle restriction sauf dans le centre ou il avait séjourné de force. Il redoutait le manque et ses effets et il avait peur de souffrir en retour de cette promesse.

Bill attendait avec crainte la réponse. Il voulait lui hurler d'accepter et en même temps se mettre à rire en lui feintant une plaisanterie, mais s'il faisait cela, ne perdait-il pas toutes chances de l'aider un jour ? Sa jambe tambourinait un rythme atroce, son pied tapant le sol si vite qu'il sentait une crampe monter le long de son tibia et crisper lentement son muscle. A partir de quel moment leurs regards s'étaient-ils accrochés ? Quand est-ce qu'ils avaient commencé à lire l'un en l'autre de cette manière ? Depuis quand se jaugeaient-ils de la sorte ?

Bill voyait la lèvre de Tom se faire martyriser, grignotée avec angoisse par ses dents et sa mâchoire tremblante. Il devinait ses mains crispées dans ses poches et son cœur qui avait dû s'emballer à l'idée d'être en manque, ou peut-être par l'idée de refuser l'offre et de devoir faire le tapin ce soir. Le brun savait la torture que s'infligeait Tom, parce qu'il le connaissait. Tom ne faisait jamais de promesse de peur de ne pas les tenir. Tom ne faisait jamais de promesse qu'il ne voulait pas tenir. Tom ne faisait jamais de promesse car il ne voulait pas décevoir les gens, ne voulait rien leur devoir et encore moins les trahir. Il n'était pas le genre de drogué qui faisait tout et n'importe quoi pour avoir de l'argent. Il n'avait jamais volé un ami, menti pour soutirer du fric, promis qu'il allait en rembourser. Alors il n'empruntait jamais. Encore sa fierté, seul vestige de ce qu'il avait pû être par le passé.

Bill sentait qu'il devait faire quelque chose ou il le perdrait sûrement. Le peu de pas, les minimes pas que le blond avait fait vers lui allaient devenir un vieux souvenir s'il restait planté là à ne rien faire, à ne rien dire. Il devait l'inciter d'une manière ou d'une autre s'il ne voulait pas que ce soir Tom ne refasse ce qu'il avait l'habitude, la seule manière facile et rapide qu'il possédait pour gagner de l'argent. Rien que cette idée lui donnait envie de vomir. Il se leva du lit qu'ils avaient occupé une longue partie de leur début de soirée et il s'avança vers Tom.

Celui-ci s'était appuyé contre le mur, les mains toujours dans les poches. Il avait la tête baissée et réfléchissait. Bien sûr il n'avait qu'une seule envie, celle de dire « oui », mais il n'était pas sûr de tenir, de pouvoir faire ce que Bill lui demandait en échange. Ce que lui proposait le brun semblait, en apparence, être de l'argent facile, mais pour le dreadé il n'en était rien. Tenir trois heures relevait d'un exploit. Pas qu'il se shootait aussi souvent, mais le fait d'avoir cette obligation le paniquait et l'obligerait à y penser, à se sentir constamment avec le couteau sous la gorge.

Perdu dans ses pensées, il n'avait pas vu Bill se lever, s'approcher et venir se tenir juste à quelques centimètres de lui. Le brun en tremblait tellement son corps entier s'était tendu d'être aussi prêt de celui de Tom. Ils semblaient s'appeler, s'attirer, se désirer. Le brun était venu pour parler, mais son sang bouillonnait déjà à l'odeur de Tom, son ventre papillonnait à la chaleur qui émanait du corps du blond et son sexe durcissait rien qu'à l'idée de la langue de Tom dans sa bouche.

Ils se regardaient dans les yeux, aucun n'étant sûr de ce qu'il devait faire. Ils en avaient envie autant l'un que l'autre, mais ni l'un ni l'autre ne voulait se décider. Ils se scrutaient, se jaugeaient, se testaient et s'apprivoisaient à la fois. Leurs souffles se mêlaient tant ils étaient proches, leurs yeux vagabondant entre le regard de l'autre et sa bouche. Tom ouvrit la bouche pour parler, mais rien n'en sortit et se contenta de souffler un peu à la place, faisant frissonner Bill à cette chaleur suffocante qui le laissait pourtant tremblant. La pression devenait étrange et familière, intense et troublante. Ils ne savaient pas vraiment ce qui les empêchaient de le faire, juste le moment était figé entre l'envie et le doute.
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MessageSujet: Re: Illusion (Ch10/...) Yaoi   Mar 10 Mar - 23:05

Bill se raidit un peu plus, son cœur s'accélérant prêt à exploser dans sa poitrine, sa peau le brûlait là où la main de Tom venait de se poser, juste là, sur sa joue. Il se sentait devenir cotonneux sous la légère caresse que le pouce de Tom infligeait à sa peau. Son corps se rapprocha de lui-même sans attendre le feu vert de son esprit et ses lèvres effleuraient déjà celles du blond dans un toucher infime, hésitant. Leurs visages s'inclinaient en même temps, cherchant déjà à rendre le contact plus franc, plus fort, rendre les sensations plus plaisantes, plus sensuelles encore qu'elles ne l'étaient déjà.

Ils sentaient l'autre trembler, sentaient l'autre hésiter, sentaient l'autre en quémander d'avantage. Les mains de Bill étaient de chaque côté du corps de Tom, posées à plats contre le mur, mais se crispant de manière incontrôlée. Il aurait voulu les poser sur le blond, le caresser, le déshabiller, le tenter, l'enflammer sous son toucher. Il aurait voulu l'embrasser violemment pour lui montrer toute la passion qu'il ressentait. Il aurait voulu le blesser pour lui hurler tout l'amour qu'il ressentait. C'était tellement fort qu'il en paniquait, c'était tellement fort qu'il ne le contrôlait presque plus.

Il gémit désespérément en sentant la langue de Tom sur ses lèvres, savourer son goût et exciter ses sens. Ses jambes commençaient à vaciller et son corps se plaqua un peu plus contre celui du blond dans un ultime espoir de se maintenir debout. Tom était si tendre, si doux, si attentionné, si calme, tout du moins en apparence. Bill n'avait aucune idée de ce qui se passait à l'intérieur du blond, la tempête qu'il devait essayer de contenir en ce moment dans son corps et dans sa tête. Il sentait uniquement la chaleur et la douceur de sa langue chatouillant ses lèvres, n'en cherchant pas plus, n'en demandant pas plus et cela torturait Bill de manière ignoble. Il voulait désespérément plus.

_ « Y a quelqu'un ? » Retentit la voix de Gustav dans l'appartement.

Il se séparèrent comme s'ils venaient de se brûler, comme s'ils avaient été pris en faute, comme s'ils avaient commis l'irréparable. Ils étaient secoués tous les deux, déchirés entre l'envie furieuse de se coller de nouveau l'un à l'autre et celle de se frapper mutuellement pour n'avoir pas pu résister. Ils étaient frissonnants, le souffle court par la peur et la panique et rougis par l'embarras et le désir. Ils voulaient désespérément plus.

Leurs regards ne se quittaient pas, cherchant à savoir où ils en étaient, s'ils avaient merdé ou si tout n'était qu'un foutu accident qui ne recommencerait jamais. Ils voulaient savoir, Tom avait besoin de savoir s'il pouvait compter sur Bill, sur son amitié et le brun le savait. C'était une clause du contrat qu'ils avaient passé tous les deux, les cours rien de plus, jamais de sexe entre eux et Bill se mordait les doigts d'avoir accepté ce putain d'engagement parce que là, pour le moment, il bandait comme un malade.

Gus rentra dans la chambre, joyeux et un peu étonné de les voir tous les deux ainsi, mais n'y prêta pas plus attention. Il salua Bill rapidement avant de regarder son meilleur ami. Il sentait le trouble qui régnait dans la pièce, mais décida que cela ne le regardait pas. Il souleva presque triomphalement deux pizzas dans une main en lançant un fougueux « les hors d'oeuvres » et montra à Tom, tentant de cacher un peu maladroitement ce qu'il tenait dans l'autre main «  et le digeo ». Bill savait parfaitement ce que contenait les deux petits sachets et d'un côté en voulait à Gus d'entretenir le vice de Tom, mais d'un autre, le remerciait de toutes ses forces d'enlever au blond le poids qu'il avait sur les épaules pour la soirée.

Le brun aperçu le sourire de Tom et ne put s'empêcher de sourire également. Il savait que ce soir encore il allait se shooter, se défoncer et se ruiner un peu plus la santé, mais il savait également qu'il allait le faire chez lui, en compagnie de son meilleur ami et pas dans un squatte minable et dégueulasse. Bill se sentit soudainement de trop, mal à l'aise et se racla la gorge pour se donner un peu de contenance.

_ « Je vais y aller » Commença-t-il lorsque les regards se tournèrent vers lui. « On se voit demain Tom ? »
_ « Reste »

Le dreadé avait presque craché sa demande, presque comme s'il avait peur de ne plus pouvoir le faire s'il attendait, presque comme s'il redoutait un refus, comme s'il demandait beaucoup plus, comme s'il en disait beaucoup plus.

Gustav haussa les sourcils en regardant tour à tour son ami et puis Bill, jouant avec sa lèvre comme s'il comprenait parfaitement ce qui se passait et qu'il attendait juste que les deux autres se mettent au point. Le brun restait un peu con, interloqué par ce qui se passait, puis réagit en sentant le regard sur lui de Gus, qui attendait presque en tapant le rythme avec son pied. Peut-être était-il en train de compter les minutes qui passaient, ou s'amusait-il de la rougeur sur les joues de Bill qui ne cessait d'augmenter.

_ « Pour les pizzas. » Ajouta Tom en baissant la tête, embarrassé.
_ « Ouais aller, reste manger mec. » Lâcha Gus en tapant dans le dos de Bill, le faisant avancer d'un pas sous le choc, avant de se diriger vers la cuisine clairement amusé par la situation.
_ « Ok... » Bill releva la tête, fixant Tom qui se mordait la lèvre avec angoisse. « Ok pour les cours » Continua le dreadé, puis il partit rejoindre son ami à table, dans la cuisine.

Le brun resta dans la chambre, soupirant un coup et relâchant sa tête en arrière. Tom avait accepté.

- - - -

Ils riaient tous de bon coeur. Gus avait tout une palanqué d'histoires à raconter sur Tom et celui-ci le laissait faire en grimaçant un peu, mais souriant quand même. Les pizzas étaient presque finies, les joints tournaient sans cesse et c'était la tête de Bill qui commençait à tourner également. Cependant il cessa de rire, il avait bien vu le rapprochement entre Tom et Gus depuis que ce dernier était arrivé. Ils étaient assis l'un à côté de l'autre et à chaque histoire un peu salace ils ne manquaient pas de se toucher. D'abord le bras, se poussant joueusement. Puis la cuisse, serrant tendrement. Puis le bras autour du cou, susurrant quelque chose à l'oreille de l'autre. Cela rendait Bill complètement dingue, mais il savait, connaissait leur relation. C'était quelque chose d'établi, mais cela le gênait. Malgré tout, il ne dit rien, même lorsque la langue de Gus chatouilla un peu trop longtemps l'oreille de Tom et que Tom lui répondit par un baiser sauvage. Leurs langues dansaient dans leurs bouches et surtout, jouaient à l'extérieur, laissant voir à Bill un spectacle imparable. Il aurait voulu le nier, mais cela l'excitait au plus haut point.

Ce n'était qu'un jeu pour les deux autres, Bill en était sûr. Il le voyait de par les sourires qui s'étiraient sur les lèvres des amis, des anciens amants. Aucun gémissement ne filtrait, juste des gloussements amusés jusqu'à ce qu'ils se séparent. Tom se pencha vers Gustav et lui dit quelque chose à l'oreille, glissant sa main dans la poche du pantalon de son ami. Bill comprit même avant de voir, il prenait un des sachets d'héroine.

Le dreadé se leva et il ne voulu pas regarder le brun, mais leurs yeux se croisèrent tout de même. Un regard triste, mais compréhensif pour Bill. Un regard juste fuyant pour Tom. Celui-ci quitta la pièce sans un mot pour se rendre dans la chambre. Bill ne pouvait pas savoir, ne pouvait pas se douter de ce qu'il avait provoqué chez le dreadé. Il ne pouvait comprendre ce que celui-ci ressentait pour la première fois, pour la première fois depuis une éternité.

Il pouvait s'imaginer que dans la pièce juste à côté Tom préparait son shoot. Il pouvait le supposer attentionné comme à son habitude et calme, ne ressentant pas encore le manque. Il pouvait l'espérer au moins heureux de la soirée... Mais jamais il n'aurait pu concevoir le fait que pour la première fois depuis plusieurs années, Tom avait hésité, avait voulu ne pas le faire, avait espéré pouvoir arrêter. Jamais il n'aurait pu songer que Tom avait tremblé en s'enfonçant l'aiguille dans le bras.

Le blond grimaça à cause de sa peau déjà maintes fois meurtrie que l'aiguille ne cessait de blesser d'avantage. La seule chose qui tournait en boucle dans sa tête, alors que le poison s'infiltrait sûrement dans ses veines jusqu'au plus profond de lui, était le visage de Bill et la douceur de ses lèvres.

_ « Tu n'y vas pas ? » Demanda Bill à Gustav.
_ « Non, je peux attendre encore un peu. J'avais surtout des questions à te poser en fait. »

Le brun se crispa sans même savoir pourquoi, sentant son ventre se tordre, le regard de son ami l'inquiétait un peu. Il avait l'air dur ou plutôt déterminé à avoir des réponses. Bill ne put que déglutir en attendant le début de ce qui allait être, il n'en doutait pas, un interrogatoire.

_ « Où est-ce que tu trouves tout cet argent pour les cours que tu prends avec Tom ? Et pas de mensonges s'il te plait. »

Voilà, il l'avait redouté. Il savait que Tom ne lui poserait pas plus de questions, trop heureux de pouvoir se payer ses doses plus facilement, mais Gus... Il avait appréhendé cet instant depuis longtemps et il s'y retrouvait maintenant confronté. La seule chose dont il était sûr, c'était qu'il ne pouvait pas lui cacher la vérité, il n'était pas envisageable de lui mentir. Il connaissait assez Gus pour savoir qu'il ne lui pardonnerait pas et que de toute façon, il ne se laisserait pas berner facilement.

Il respira un bon coup pour se donner un semblant de courage, mais il ne put s'empêcher de penser «  mais pourquoi ça marche que dans les films ces trucs là ? ». Le regard du son ami ne vacillait pas. Il attendait et ne bougerait pas, Bill le savait, jusqu'à ce qu'au moins il soit complètement en manque et malheureusement ce n'était pas près d'arriver...

_ « Ok, je vais tout te dire, mais ne le raconte jamais à Tom s'il te plait ». Commença le brun frissonnant.
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MessageSujet: Re: Illusion (Ch10/...) Yaoi   Mer 11 Mar - 2:15

Cruelle!!!!!!!
--'

Bon je t'avouerais que j'ai eu TRES peur pour Eux, Quel boulet Bill quand il s'y met!!!
Bref, Cette suite était étrange mais je l'ai beaucoup aimé, comme d'habitude!!!
^^
Suite????
=)

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MessageSujet: Re: Illusion (Ch10/...) Yaoi   Sam 21 Mar - 11:01

Chapitre 8 :


Gustav avait sursauté légèrement, paniquant aux mots de son ami. S'il ne devait pas en parler à Tom, c'est que vraisemblablement la chose était mauvaise.

_ « Rassures-moi, t'as pas fait de conneries au moins ? » Demanda t-il précipitamment.
_ « Non, non... Rien de grave t'inquiètes pas. »

Bill avait baissé les yeux, n'osant affronter le regard du jeune homme. Une connerie ? Tout dépendait d'où l'on se plaçait non ? Bien sûr qu'il avait fait quelque chose de débile, mais il n'avait rien trouvé de mieux, il n'avait rien trouvé d'autre. Il ne le regrettait pas, n'avait même pas une seule fois pensé faire marche arrière. Tom était devenu sa vie et cette seule perspective lui suffisait à être confiant dans ses choix.

Gustav attendait, n'osant même pas cligner des yeux, que le brun se confit à lui. Il s'attendait à quelque chose d'énorme, mais espérait que son ami avait eu suffisamment la tête sur les épaules pour ne pas faire ce dont il se doutait.

_ « Je t'en prie Bill, me dis pas que c'est... » Il ne pouvait même pas finir sa phrase trop bouleversé par ce que ces mots signifiaient.
_ « Si. C'est ce que m'avaient laissé mes parents... Mais t'inquiète pas, ça va, je... »

Il n'eut même pas le temps de finir que la main de Gustav venait de se plaquer sur sa joue, violemment, lui faisant tourner la tête et écarquiller les yeux. Il s'était levé et semblait fulminer sur place. Son corps tremblait de colère et Bill paniquait un peu, beaucoup même pour être honnête. Il n'avait pas imaginer cette réaction de la part de son ami, de la part du meilleur ami de Tom. Il devrait être heureux qu'il veuille à ce point que le dreadé s'en sorte, lui offrir une porte de sortie. Non ? Avait-il eu faux sur toute la ligne ? Avait-il tout mal compris ? De travers ? Comme cela l'arrangeait lui ?

_ «  'Tu' quoi ? Tu gaspilles cette argent que tes parents ont laissé pour toi pour t'aider en cas de coup dur, pour que tu l'utilises pour tes études et pour une éventuelle maison ou pour un mariage. Tu me l'avais dit. Alors quoi ? Tu préfères que cet argent parte en fumée à la vitesse de l'éclair pour payer les doses d'un toxico ? T'es malade ou quoi ? C'est pas ce qu'ils auraient voulu. J'en suis sûr. »
_ « Mais je... »
_ « Ta gueule Bill. Tu crois faire quoi là ? Tu crois qu'il te sera reconnaissant pour ça ? Tu crois que c'est ça qui va l'aider ? Juste avoir des doses facilement et après ? Quand tu auras plus rien ? Tu vas le laisser tomber comme une vieille chaussette parce que tu te seras rendu compte que son cas est désespéré ? » Gustav était hors de lui, hurlant presque sur Bill qui ne savait plus comment le calmer.
_ « Non, je... Ecoute c'est pas... »

Bill aurait voulu s'expliquer, lui dire qu'il se trompait, que jamais il ne le laisserait tomber, que jamais il ne pourrait laisser Tom derrière lui et qu'il préférait largement mourir maintenant que de penser à vivre sans lui, mais il n'en eut pas le temps. Le dreadé était là, se tenant dans l'embrasure de la porte de la cuisine, appuyé contre le montant en bois, les yeux exorbités et le corps encore dans les vapes. Son esprit reprenait doucement conscience de la réalité, suffisamment pour voir le malaise dans la pièce.

_ « Il se passe quoi là ? » Demanda t-il entre l'envie de sauter partout, celle de vomir et celle de se laisser tomber sur ce foutu carrelage.

Il se rapprocha difficilement et prit la chaise la plus proche de lui, celle qui lui demanderait le moins d'effort, et fit cogner ses pieds sur le sol en la tirant doucement à lui. Il se laissa tomber dessus en soupirant et Gus semblait étonné, perplexe, ahuris. Quelque chose clochait.

Bill lui, n'osait relever la tête. Il venait de se prendre une soufflante comme il n'en avait même plus souvenir et l'idée que Gus se faisait de lui le blessait horriblement. Il sentait les larmes envahir ses yeux et ne voulait pas que l'un des deux le voit comme ça, mais devant le silence qui s'installait sa curiosité prit le dessus.

Il regarda d'abord Gustav qui fixait Tom sans relâche, puis le dreadé, mais ne comprenait pas ce qui se passait. Son regard passa de l'un à l'autre, comme si les observer lui donnerait une réponse, mais décidément, il ne parvenait à se mettre dans la tête d'aucun des deux. Il vit soudain les yeux de Gus s'écarquiller.

_ « Tu... T'as... Putain. »

Ok, Bill n'avait pas plus compris là, mais il semblait que c'était quelque chose d'important et d'invraisemblable à la fois. Bill entendit Tom renifler et posa son regard sur lui et il se mit à prier, espérant que ce qu'il imaginait était réel. Le dreadé reniflait et passait sa main sous son nez de façon répétée. Pour la plupart des gens, voir ça n'aurait apporté que dédain envers ce junkie qui de toute évidence venait de sniffer, mais pour les deux amis c'était tout le contraire. Il ne s'était pas piqué et c'était ça qui était extraordinaire pour eux.

Dans la chambre, Tom avait réfléchit un moment, angoissant à un tas de choses auxquelles il ne s'intéressait pas en temps normal, pas avant un shoot en tout cas. Il pensait à tout et rien, mais seul Bill s'imposait dans son esprit, de façon confuse et tellement intense à la fois que c'en était troublant, dérangeant.

Il avait pour la première fois depuis longtemps décidé de ralentir le rythme. Sa vie ne lui convenait plus et il le savait déjà depuis des années, mais jamais il n'avait fait l'effort de s'en sortir réellement, la peur le contrôlant complètement. Il n'avait jamais trouvé assez de volonté, jamais trouvé de sincère motivation...

Ce soir, Tom avait de façon hésitante versé juste la moitié de ce que contenait le sachet dans la cuillère. Il avait préparé consciemment son shoot, chauffant le produit et le diluant avant de l'aspirer dans cette seringue, concentré, impatient, anxieux. Il avait placé son garot, même l'aiguille s'était retrouvée plantée dans son bras, mais il n'avait pas pu. Sa main tremblait de façon déraisonnable et son corps entier s'était crispé. Il avait eu peur et avait retiré l'aiguille avant de défaire la ceinture qui enserrait son bras.

Il n'avait pas compris ce qui lui arrivait et ne voulait pas le comprendre, mais juste pour cette fois, il ne se piquerait pas et un sourire s'était formé sur son visage à cette pensée.

Il savait que l'effet serait moins fort ainsi, mais cela lui convenait. Il savait que l'effet durerait moins longtemps qu'avec une dose normale, mais cela lui allait également. Il avait sniffé le reste de la poudre, sans vraiment décoller, sans vraiment en vouloir plus non plus. Juste cela lui éviterait le manque pendant plusieurs heures, c'était tout ce qu'il attendait. Puis, redescendant légèrement, il avait entendu les cris venir de l'autre pièce. Il n'avait pas compris ce qu'ils se disaient, son esprit brumeux du poison qui le brûlait ne lui laissant pas suffisamment de liberté. Cependant, il sentait la tension entre ces deux amis et n'aimait pas ça. Pour une raison qu'il ignorait, il savait qu'il était la cause de cette dispute.

Bill osait espérer des miracles, mais Gus savait que c'était un pas difficile pour Tom, étrange et peut-être unique qu'il venait de faire. Il souhaitait de tout son cœur que son meilleur ami s'en sorte, mais ne voulait pas vraiment se faire de faux espoirs. Peut-être avait-il peur aussi de se retrouver seul au fond de lui, mais cela, il refusait d'y penser.

Bill souriait, sa joue encore rougie de la gifle qu'il avait reçu, mais il ne la sentait plus, il n'y pensait même plus. Plus rien hormis son cœur qui battait trop vite et trop fort n'avait de sens. Il aurait voulu embrasser Tom, lui sauter dans les bras et le remercier, le féliciter et l'encourager encore d'avantage, mais bien sûr, il resta gentiment sur sa chaise sans bouger. Ses mains se serrèrent sur son pantalon alors qu'il avait baissé la tête pour cacher son sourire, il était maintenant persuadé qu'il réussirait.

Gustav lâcha un vague « rien » au blond et repartit sur une conversation banale. Ils n'avaient pas besoin de mettre de mots là dessus finalement, tous savaient ce qui venait de se produire. Tom mit un moment avant de réussir à se fondre de nouveau dans ce décor, puis aux alentours de deux heures du matin, Gus partit, préférant être tranquille chez lui pour ce qui allait suivre dans sa soirée. Il serra Tom dans ses bras, dans une étreinte amicale dont ils avaient l'habitude et rit un peu en voyant Bill complètement vautré sur la table, le dos cassé en deux, la bouche entre-ouverte et un léger filet de bave s'en écoulant. Le mythe en prenait un sacré coup là.

_ « Il est complètement déchiré le pauvre » Se moqua Gustav.
_ « Ça m'en a tout l'air oui » Acquiesça le dreadé en posant sur le brun un regard compatissant et attendri.

Gustav resta un moment à observer son ami, son regard posé sur le brun, son expression sur son visage, il essayait de deviner ce qu'il pouvait penser.

_ « Tu veux que je le raccompagne chez lui ? » Demanda t-il plus comme un test qu'autre chose.
_ « ... Non, c'est pas la peine. Laisse-le dormir, c'est bon. »

Le regard du dreadé n'avait pas bougé, semblant figé sur la nuque et le corps du jeune androgyne. Il ne savait pas lui-même ce qu'il pensait de tout ça, juste que sa présence ne le dérangeait pas, mais il devait se l'avouer, c'était bien plus que cela en même temps. Sa présence le rassurait, l'envoyait dans une nouvelle dynamique, dans un futur plus gris que noir, dans un espoir qu'il voulait imaginer.

_ « Tu l'aimes ? »

Gustav fixait avec insistance son ami, essayant de déchiffrer sa réaction. Tom s'était retourné brusquement à la question, les yeux écarquillés sous la surprise et vraisemblablement, il ne savait pas quoi répondre. Il était pris de court, ne s'était même jamais posé cette question qu'il pensait absurde. Amoureux ? Et puis quoi encore ? Croyant ? Il aurait pu en rire s'il n'avait pas été autant décontenancé.

_ « Ça va pas la tête » Se contenta t-il de répondre après un petit instant de flottement.

Tom était catégorique, mais Gus n'arrivait pas à le croire, il n'était pas convaincant malgré le fait qu'il semblait être des plus sincères. Il lui sourit un peu avant de finalement partir en faisant un petit mouvement de tête, presque imperceptible, mais le sens n'échappa pas au dreadé. Il signifiait « irrécupérable » d'un air tellement ironique que cela aurait d'habitude énervé le blond, surtout le petit rictus de moquerie qui allait avec, mais cette fois il ne réagit pas, préférant laisser couler.

Gustav se retourna discrètement avant de franchir la porte et il observa son meilleur ami qui venait de s'accroupir à côté de Bill. Il lui bougeait un peu le bras pour le réveiller, mais cela ressemblait plus à une tendre caresse, un doux effleurement. Il paraissait délicat et plus qu'amical avec le brun, attentif et affectueux. Gustav sentait un sentiment qu'il haïssait au fond de lui et malgré la joie qu'il éprouvait il était jaloux car il savait, il avait la conviction que Tom allait s'écarter de lui, s'éloigner. Ça le bouffait, le tuait, l'angoissait et le terrifiait. Tom était sa vie, la seule personne qu'il lui restait sur cette foutue planète. Il était sa famille, son ami, son amour; l'être que jamais il ne remplacerait, celui qui toujours aurait la même place dans son cœur, sa raison de vivre à lui. Sans un mot, sans un bruit, il s'éclipsa dans la nuit.
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MessageSujet: Re: Illusion (Ch10/...) Yaoi   Sam 21 Mar - 11:01

Il marchait lentement, préférant prendre son temps et savourer cette nuit calme et fraiche. L'été n'était pas encore là, mais la douceur des journées restait jusque dans la nuit. Il pensait à tout un tas de chose, allant des cours à son job jusqu'à bien sûr son meilleur ami. Il voulait qu'il s'en sorte, il voulait que Bill l'aide, il voulait que Tom soit heureux. Il voulait tout un tas de choses, mais plus que tout, il ne voulait pas perdre son amitié. Il avait beau y penser en long, en large et en travers, il n'imaginait pas sa vie sans lui. Le rapprochement entre Bill et Tom l'énervait car cela impliquait qu'il était de trop, mais le rassurait car il savait que maintenant le dreadé avait une chance. Il se sentait tiraillé par tout ce qu'il ne pouvait contrôler au fond de lui, par tout ce qu'il ne pouvait pas contrôler chez Tom, par tout ce qu'il ne pouvait pas gérer et par toutes ses sensations qui l'étouffaient. Arrivé chez lui, il avait pris sa décision.

- - - -

_ « Bill ! Bill, réveille toi, tu vas pas dormir sur ma table quand même ? Aller un effort. »

Tom était doux et sa voix amusée par la situation. Il aurait pu, il aurait pris le brun en photo, histoire d'avoir un truc compromettant sous la main, mais cela faisait longtemps qu'il n'avait plus ni appareil, ni téléphone.

Bill bougeait, grognant de façon indélicate en même temps, puis finit par ouvrir enfin les yeux. Il était complètement à l'ouest, la bouche pâteuse et le dos en compote à cause de sa position. Il s'essuya la joue d'un revers de la main et écarquilla les yeux. Il avait bavé et était mord de honte. Le rouge sur ses joues lui donnait un adorable visage et Tom rit un peu en voyant son attitude.

_ « Merde, la honte, tu aurais pu me réveiller plus tôt au lieu de me mater comme ça toi »
_ « Et louper ça ? Jamais de la vie. T'inquiètes j'ai déjà vu bien pire de toute façon. »

Ils rirent un peu ensemble et Bill se releva, chancelant un peu, la tête encore endormie et le corps mou.

_ « Je vais rentrer. » Commença le brun en allant ramasser son manteau sur le canapé.
_ « A cette heure ? Tu tiens à peine debout et t'es défoncé. Reste dormir là c'est bon. »

Bill voulait lui parler, lui poser des questions ou tout autre chose qui pourrait éclairer la situation, mais Tom était déjà partit dans la chambre. Il commença à se déshabiller un peu et rejoignit le dreadé.

_ « T'aurais pas de couvertures s'teu plait pour le canapé ? »
_ « Tu veux mourir ? » S'éclata de rire Tom. « Parce que le canapé mon vieux je te le conseille pas franchement et de toute façon non j'ai pas de couvertures. Je te rappel que t'es chez moi là, y a rien de plus que ce que tu vois. »

Bill semblait hésiter, il n'était pas sûr de ce qui allait se passer, ce qu'il voulait qu'il se passe, mais l'idée de dormir avec lui, en ayant presque tout ses moyens cette fois, ne lui déplaisait pas, loin de là. Il alla dans la salle de bain se rafraichir le visage et resta un long moment à se regarder, s'incrustant à l'esprit que Tom était son ami...

Il souffla un coup avant de rentrer de nouveau dans la chambre. Tom était allongé sur le lit, semblant dormir paisiblement sous la couette épaisse qui recouvrait son corps. Le brun s'allongea à côté de lui, doucement, ne voulant pas le réveiller. Les fenêtres laissaient passer la lumière du dehors, éclairant faiblement la chambre grâce à la lune et les réverbères de la rue.

Bill laissait vagabonder ses yeux sur la peau de Tom, découvrant son cou, la courbure de son épaule, son dos musclé, sa nuque tentante. Tout chez lui l'excitait, le troublait. Il était toujours plus gourmand de ses lèvres chaudes et douces, demandeur de ses mains fermes et tendres, captivé par son odeur, charmé par sa voix, hypnotisé par ses yeux. Il ne pouvait plus, il ne luttait plus depuis longtemps. Il était captif par tout son être.

Le brun sentit son cœur se perdre dans un tourbillon de sentiments contradictoires. Il voulait briser le silence, crier à Tom ce qu'il ressentait, ce qu'il voulait, ce qu'il espérait. Il voulait lui hurler tous les rêves qu'il faisait, il aurait jeté sur lui tout un tas de mots, repoussant les « mais » et les « si » que le blond lui aurait balancé comme barrière. Il aurait voulu, s'il avait eu le courage, lui cracher son amour à la figure, mais il ne fit rien. Il le savait, il n'avait pas suffisamment d'assurance pour ça.

Il s'approchait du corps de Tom sans même s'en rendre compte, tous ses muscles se tendant à se parfum entêtant, à la chaleur enivrante. Il voulait se coller à lui, ressentir la brûlure sur sa peau, se perdre dans une étreinte, même si celle-ci devait être à sens unique. Il ne savait même plus ce qu'il faisait. Cependant, lorsque le blond se retourna pour se mettre sur le dos, Bill stoppa net. Il était à quelques centimètres de son ami, de son amour et son cœur tambourinait fort dans sa poitrine. Son corps lui hurlait de l'embrasser tandis que son esprit le forçait à ne plus bouger. Le peu de courage qu'il avait le poussait à tout lui avouer, le peu de lucidité l'incitait à tout garder pour lui. C'était leur deal après tout...

Bill inspira un grand coup. Sentir une dernière fois ce parfum, ou peut-être se donner du courage qui sait ? Garder cet amour pour lui le bouffait, le faire savoir ruinerait surement leur amitié. Que pouvait-il faire ? Que lui restait-il comme choix ? Quelles options avait-il encore en main ?

Il sursauta en r'ouvrant les yeux en grand, cherchant à voir le visage de Tom dans la pénombre. Il avait été sûr qu'il dormait, s'était permis de se rapprocher, de sentir la promiscuité du corps du blond tout contre le sien, son parfum jusque dans ses narines et là, il se rendait compte que tout ce temps il c'était trompé. Il était horrifié.

_ « Bill ? Pour tout à l'heure... Le baiser, enfin... » Commença le blond difficilement.
_ « C'est rien, désolé, ça se reproduira plus... »

Il s'était tellement dépêché de répondre que Tom l'avait regardé bizarrement d'abord, puis son regard avait changé en quelque chose que Bill ne parvenait pas à déchiffrer. Il n'avait jamais vu cette expression sur le visage du dreadé et il ne savait plus trop quoi en penser finalement.

_ « Ça arrivera plus » Reprit-il tout de même. « J'ai merdé, mais ça n'arrivera plus jamais t'inquiète pas. Je briserais pas notre promesse, tu n'as rien à craindre. »

Bill laissa passer ce qui lui sembla être une éternité. Tom le regardait surpris, étonné et gêné apparemment. Ils entendaient le bruit des voitures dehors. Il était tard, mais cette partie de la ville semblait rester animée toute la nuit. Ils attendaient une réaction de l'autre, n'importe laquelle, mais pas ce silence pesant et omniprésent.

Les yeux de Tom se firent fuyant et Bill entendit juste un petit « bien » pendant que le dreadé se retournait. Le bruit des draps avait presque suffit à étouffer ce que le blond avait dit. Cela n'avait été qu'un murmure prononcé au creux de la nuit.

Bill ne savait pas. Comment aurait-il pu savoir de toute façon ? Tom cachait si bien tout ses sentiments, les bons comme les mauvais. Il avait l'habitude de jouer de beaucoup de chose, de mentir et d'arranger la vérité à sa convenance. Il savait manipuler les gens pour obtenir les réponses qu'il désirait. Il savait les faire se sentir bien ou au contraire coupable. Il jouait tout le temps avec les émotions et les sentiments des gens, sauf avec Gustav. Il avait été le seul que Tom parvenait à respecter et à aimer. Le seul avec lequel il ne jouait pas et Bill était maintenant sûr Tom ne parvenait plus à jouer avec lui non plus.

Mais pourquoi ? Il ne le savait pas.

Il n'arrivait pas à déchiffrer les pensées du blond. Il n'arrivait pas à décrypter ses sentiments. Tout restait flou pour lui. Il connaissait Tom assez bien, mais il restait un mystère malgré tout. Il connaissait ses habitudes, il démêlait parfaitement ses humeurs, il décodait ses silences, mais dès que cela le touchait lui, il ne savait plus rien, ne comprenait plus rien, ne voyait plus rien.

Bill prononça un timide « bonne nuit » auquel il ne reçut aucune réponse et essaya de dormir sans venir se coller à Tom. Il chercha le sommeil sans penser à tout ce qu'il venait de vivre et tout ce qu'il ne réussissait pas à voir. Il tenta de ne pas frissonner à chaque effleurement. Il prit sur lui pour ne pas gémir au souffle chaud de Tom contre sa peau pendant la nuit, mais finalement au petit matin, alors que le soleil se levait, il n'avait pas encore fermé l'œil.

Il ne comprenait pas... Alors que c'était si simple ; alors que c'était juste sous ses yeux.
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MessageSujet: Re: Illusion (Ch10/...) Yaoi   Dim 22 Mar - 14:22

Oui, juste devant ces yeux ça c'est sur!!!!
--'
Les hommes sont cons...mdr

Super suite, j'aime beaucoup comment les sentiments sont présentés et tout.
Mais bon, je sens qu'ils vont encore se chercher un moment...
Mais tant mieux pour nous!!!
=)

Suite???

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MessageSujet: Re: Illusion (Ch10/...) Yaoi   Ven 3 Avr - 1:04

Bon alors je lance un (une?) officielle:
JE PARS EN VACANCES!!
^^
Donc ça explique que si tu poses la suite, je ne répondes pas.
Je reviens Samedi prochain mais tout le mode s'en fout alors je vais la fermer!
Bisous! Et bonne écriture!
Wink

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